Vacances - La Révolution en Charentaises

Vacances

lundi 22 mai 2006, par Marvin Flynn / 8002 visites

Vacances. Derrière ce mot, une flopée de clichés post modernistes, auxquels tout travailleur ne portant pas de charentaises adhère sans retenue. Les vacances sont pourtant la période de l’année la plus attendue de nos contemporains ; retour sur ce qui pourrait bien passer pour une antithèse au travail. Cependant...

...les vacances sont l’expression même d’une société basée sur le travail salarié ! Les vacances sont ainsi qu’elles ne peuvent être définies autrement que négativement : ce sont les périodes durant lesquelles on ne travaille pas. Le mot « vacant » est d’ailleurs de la même famille que le mot « vacuité », « vide ». Vacances, repos, temps libre ; comme si vacances et liberté pouvaient être rapprochés... Les vacances correspondent ainsi à la période de vide entre deux périodes de plein. On en a d’ailleurs plus rapidement plein le cul du boulot que des vacances. Le plaisir engendré par ces périodes provient donc uniquement de l’arrêt du travail, et non des activités pratiquées à l’occasion de celles-ci (je tiens à préciser que l’activité « apéro » ne compte pas : elle se pratique généralement tout au long de l’année) ! Sans travail donc, pas de vacances : de là à affirmer que sans souffrance, pas de plaisir, il n’y a qu’un pas, que je franchis de mes deux pieds chaussés de charentaises, en vous servant une petite anecdote :

"C’est l’histoire d’un mec qui chausse du 42 et qui ne porte que des chaussures taille 38, pour le seul plaisir de les retirer le soir (en sortant du travail) ? Vous la connaissez ? Vous avez alors compris le principe même des congés payés..."

On peut dès lors se poser la question suivante : le chômeur a-t-il le droit à des vacances ? J’entends dans le fond de la salle, à droite, qu’il ne peut en être ainsi puisque de toute façon, le chômeur est toujours en vacances. D’où l’expression de « chômeur heureux » qui donnera, j’en suis sûr, lieu à un nouvel article dans cette rubrique. Mais reprenons ces cancres et éduquons-les : eh bien oui, le chômeur a droit à des vacances : c’est tout à fait reconnu par les ASSEDIC, qui permettent à une personne en recherche d’emploi de s’absenter tout au plus 5 semaines dans l’année de non-travail. Evidemment, les frais inhérents à ce type de déplacement invitent le chômeur raisonnable à passer ses vacances chez lui, et à profiter des joies simples de la vie : la télé. Ce qui l’amènera, à la suite de l’absorption des différents messages publicitaires affichés sur le petit écran, à aller dépenser ses allocations bien méritées à la Fnac, ou chez Carrefour, voire au café diront les mauvais langues susnommées. Une fois ses vacances terminées, il reprend, chargé de la mauvaise conscience nécessaire à toute recherche efficace d’emploi, le chemin des ASSEDIC. Le bon remplissage de la fiche ad-hoc permettra à ceux-ci de bien vérifier que le chômeur glande chez lui, et non pas à la Baule, lieu de rendez-vous secret de tous les chômeurs heureux.

D’ailleurs, quand vous trouvez enfin un taf, vous héritez d’un an sans congés payés (sans congés tout court) ? Eh bien c’est uniquement dans le but de vous faire pleinement apprécier les vacances accumulées - d’avance - durant cette période. Vous en profiterez pour tomber malade à ce moment, cela comblera de plaisir votre employeur et prouvera votre motivation. Vous pourrez alors peut-être en profiter pour réclamer, à la rentrée, une augmentation qui couvrira à peine l’augmentation du coût de la vie, et donc de celui de vos vacances.

Les vacances ne sont donc finalement qu’un des nombreux moyens utilisés par le patronat pour tenir les salariés par les c***lles ; ceux-ci passent leur année à attendre la libération, dépensent tout leur fric à cette occasion. Une fois rentré, ils n’ont plus qu’à travailler le reste de l’année pour rembourser le crédit contracté.

Alors je conclus en remerciant le Front Populaire, pour les 12 premiers jours de congés payés, et met un point final à cet article en lançant à qui veut l’entendre : "Plus que 353 et le compte est bon !" [1]

Notes

[1] Et hors de question de bosser les années bisextiles !


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