Droit de l'hommisme - La Révolution en Charentaises

Droit de l’hommisme

samedi 17 juin 2006, par Onno Maxada / 10716 visites

Terme péjoratif visant à dénigrer le travail - supposé trop zélé - des activistes des droits de l’homme.

A en croire les pourfendeurs du droits-de-l’hommisme (Chevènement, Maître Vergès, Sarkozy, Le Pen et le reste de l’extrême droite), les militants des droits de l’homme [1] auraient un comportement irresponsable et criminel en cherchant à défendre une "racaille" qui ne mérite rien de mieux que d’en prendre plein la gueule. Ajoutant la provocation à la bêtise, ils feraient injure aux victimes en protégeant leurs bourreaux. Enfin, ils oublieraient que le respect des droits de l’homme est conditionné par l’efficacité du maintien de l’ordre et la garantie de la sécurité des biens et des personnes.

Du haut de leur piédestal médiatique ou emmitouflé dans leur équipement anti-émeute, les héraults de la lutte anti-droits-de-l’hommiste tirent à boulets rouges sur des organisations auxquelles les journalistes nient tout droit de réponse. Elles auraient pourtant des choses à dire. Elles pourraient rappeler, par exemple, que les droits de l’homme s’appliquent à tous - grenouilles de bénitier ou truands - sans qu’il soit besoin de les mériter. C’est tout le sens de l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de l’homme [2]. Si ces droits ne devaient profiter qu’à ceux qui n’ont aucun problème avec la justice, ils n’auraient absolument aucune utilité.

Les tartufes qui nous gouvernent et leurs milices n’ont rien contre les droits de l’homme, à condition qu’ils restent des vœux pieux. Ils se gargarisent de grands mots - l’ordre, la sécurité, la Raison d’Etat - pour garder les mains libres (et sales) et ne supportent pas qu’on vienne leur demander des comptes : le pouvoir n’a pas à se justifier. Lorsque les garants de l’ordre public hiérarchisent leurs priorités, les droits de l’homme arrivent bons derniers. Pour eux, mieux vaut un être humain torturé dans un commissariat qu’une bagnole en feu ou un abri bus défoncé. Mieux vaut un innocent en prison qu’un coupable en liberté. Mieux vaut 2500 flics de plus et 8700 postes de moins dans l’éducation [3].

Bien qu’ils s’en défendent (parfois), les croisés anti-droits-de-l’hommistes s’inscrivent donc dans le cadre conceptuel de l’extrême droite française. Si les activistes des droits de l’homme leur mettent des bâtons dans les roues, on ne peut que les en remercier.

Voir en ligne : Le texte de la Déclaration universelle des droits de l’homme sur le site de l’ONU

Notes

[1] Comme Amnesty International ou le MRAP par exemple.

[2] "Tous les êtres humains NAISSENT libres et égaux en dignité et en droits".

[3] Projet de loi de finance pour 2007.


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