Traité d'athéologie - La Révolution en Charentaises

Traité d’athéologie

mardi 4 juillet 2006, par Onno Maxada / 18622 visites

Contre les dévots de toutes confessions, mais aussi contre l’athéisme chrétien, Onfray propose un athéisme post-chrétien qui redéfinirait le Bien et le Mal en fonction de l’utilité et du bonheur du plus grand nombre.

Dieu n’est ni mort, ni mourant. Tel est le constat de départ de Michel Onfray et de son Traité d’Athéologie. En ce début de XXIè siècle, les religions occupent toujours le devant de la scène car les hommes sont toujours terrifiés par leur propre finitude. Si Dieu est éternel, ses négateurs aussi. Onfray est de ceux là. Il revendique haut et fort un athéisme positif, sans concessions. Pendant des siècles, les dévots de tous bords ont qualifié d’athées tous ceux qui avaient d’autres croyances que la religion dominante. Le terme servait surtout à discréditer - voire éliminer physiquement - tous ceux qui cherchaient à s’affranchir de la pensée dominante. Ainsi, on réservait le même sort (funeste) aux adorateurs de dieu(x) alternatif(s) et aux négateurs du divin. Onfray s’inscrit dans la continuité des seconds. Il revendique l’héritage de Jean Meslier, de La Mettrie, d’Holbach, de Feuerbach et de tant d’autres philosophes qui témoignent de l’existence d’une pensée athée extrêmement riche, mais sciemment occultée (par le pouvoir, l’Université, etc.). Onfray invite à reprendre le projet de Nietzsche : supprimer Dieu pour bâtir une nouvelle éthique.

Pour y parvenir, il souligne l’actualité du combat athée et déconstruit les trois monothéismes pour mettre en évidence ce qui les rapproche. Il se livre aussi à une analyse historique de la naissance du christianisme pour montrer comment la petite secte ultra-minoritaire des origines a pu se hisser à la tête d’un empire et prendre une dimension planétaire. Enfin, il propose des pistes pour le développement d’une laïcité post-chrétienne.

Actualité du combat athée

Michel Onfray - Traité d'athéologiePour Onfray, le combat athée est parfaitement d’actualité car nous vivons à une époque charnière entre l’ère chrétienne et l’ère post-chrétienne. D’une part, l’héritage judéo-chrétien influence encore grandement notre façon de penser (rapport au corps) et d’organiser la société (place du libre arbitre dans le système judiciaire par exemple). D’autre part, le nihilisme - que les croyants cherchent souvent à faire passer pour de l’athéisme - se développe. La situation crée des tensions et des turbulences dont les attentats du 11 septembre 2001 sont une illustration. Le terrain semble propice pour une rupture avec l’ère chrétienne, mais les tentations de donner plus de place au religieux sont tenaces. A titre d’exemple, Onfray mentionne l’idée d’intégrer à nouveau des cours de religion dans les cursus scolaires. Il s’y oppose vigoureusement et défend le projet d’un enseignement de la pensée athée et d’une intégration des religions dans des matières déjà existantes, en tant que proto-sciences (au même titre que l’alchimie en chimie, la mythologie en histoire et la géométrie euclidienne en mathématique). Pour faire progresser leur cause, les athées doivent combattre l’idée selon laquelle moins de religieux signifie plus de troubles dans le monde (idée totalement fausse au regard des centaines de millions de morts qu’ont fait les religions depuis des siècles). Contre les dévots de tous bords, mais aussi contre « l’athéisme chrétien », Onfray propose un athéisme post-chrétien qui redéfinirait le Bien et le Mal en fonction de l’utilité et du bonheur du plus grand nombre.

Christianisme, Judaïsme et Islam : même combat

Tyrannies et servitude des arrières-mondes

Le Traité d’Athéologie se livre à une analyse comparative des trois monothéismes pour comprendre ce qui les rapproche. Il constate que la peur de la mort et les pulsions de mort jouent un rôle moteur pour les religions. En effet, ces sentiments amènent les hommes à abdiquer leur liberté et à se soumettre aux prêtres, uniques détenteurs d’une vérité divine. Bien loin d’apporter le réconfort espéré, les religions et leurs représentants multiplient les interdits, déterminent ce qui est licite et illicite, imposent leurs vues sur ce qui est pur et impur, et obligent l’individu à penser à Dieu dans chaque geste de la vie quotidienne. Résultat : l’homme vit dans la servitude et la crainte perpétuelle de la faute.

Autodafés de l’intelligence

De plus, les trois monothéismes font référence à un livre saint, dans lequel se trouverait rassemblé tout ce que Dieu souhaite que le croyant sache. Par voie de conséquence, tous les autres livres ont un statut inférieur et peuvent être détruits s’ils vont l’encontre des vérités révélées. Cette logique induit une haine de la philosophie et de la science, le libre exercice de la raison et les trouvailles scientifiques étant en contradiction avec les dogmes religieux. Les expériences douloureuses de Galilée, Spinoza ou Ali Abderraziq démontrent que les religieux préfèrent persécuter les penseurs et les scientifiques qui sortent du rang plutôt que de reconsidérer leurs dogmes archaïques. Les incendies de bibliothèques, les autodafés et la destruction patiente de tous les ouvrages critiques vis-à-vis des dogmes des religions dominantes procèdent de la même logique implacable. Enfin, s’il fallait encore s’en convaincre, le mythe du péché originel - commun aux trois monothéismes - illustre à la perfection la haine des religions pour l’intelligence : Adam et Eve sont chassés du Paradis pour avoir goûté au fruit de l’arbre de la connaissance. Autrement dit, Dieu réservait aux hommes l’éternelle félicité de l’imbécile heureux. En cherchant le savoir, ils ont attisé sa colère.

Désirer l’inverse du réel

Recyclant les idées de Pythagore et de Platon, les monothéismes opposent le réel à un monde parfait totalement illusoire. Comparés à cet antimonde (le Paradis) peuplé d’antihommes (les anges), la Terre et les êtres humains semblent vils et méprisables. D’où un profond malaise qui fait le terreau du religieux. La haine du réel se double d’une haine des femmes qui trouve sa source dans le mythe du péché originel. Cette haine se manifeste dans les trois monothéismes par des règles visant à faire de la femme l’inférieure de l’homme. On lui dénie tout autre rôle dans la société que celui d’épouse ou de mère. Son corps est méprisé, considéré comme impur, et à aucun moment les religions ne laissent de place au développement d’une sexualité déconnectée de la procréation. D’une manière générale, les monothéismes se distinguent par leur commun éloge de la castration, de l’élimination des désirs sexuels. Au travail de castration psychologique des croyants, les religions ajoutent les mutilations physiques que sont entre autres l’excision et la circoncision [1]. Pour les monothéismes, il s’agit toujours de contrôler les corps et leurs pulsions pour mieux canaliser l’énergie vers la célébration de Dieu.

Le religieux au service du politique, le politique inféodé au religieux

Prélever pour dominer

Le chantier de l’écriture des livres saints des trois monothéismes s’étale sur 27 siècles (entre le XIIè siècle avant l’ère commune et le XVIè siècle). Les livres fondateurs ont été écrits sur trop d’années et par trop d’auteurs pour être exempts de contradictions. Celles-ci sont même extrêmement fréquentes, de telle sorte que dans les trois livres, chacun peut puiser en fonction de ses besoins et trouver ce qui lui est nécessaire pour affirmer tout et son contraire. C’est ce qu’Onfray appelle la "logique du prélèvement" : on ne prélève que des fragments de texte qui serve un objectif (généralement politique) bien déterminé. Comme les livres ont été dictés par Dieu, chaque phrase, chaque sourate, chaque mot est vrai. S’y opposer, c’est offenser le Tout-Puissant et ses représentants qui, comme par hasard ont eu très longtemps ou ont toujours le monopole de la lecture des livres saints. La logique du prélèvement permet de donner l’image d’un Dieu de paix, magnanime et miséricordieux. Des éléments se trouvent effectivement dans les textes pour appuyer cette conception. Pourtant, les livres saints comportent également de quoi justifier les pires atrocités. Ainsi, dans le Deutéronome, Yahvé justifie la guerre sainte et le génocide par les juifs des Cananéens. La Bible contient quant à elle la parabole des marchands du Temple, dans laquelle Jésus transforme des cordes en fouet pour chasser violemment des marchands coupables de vendre des animaux et de changer de l’argent. Une parabole qui inspira Hitler puisqu’il la reprend dans Mein Kampf en soulignant qu’il s’agit pour lui du « vrai christianisme ». Quant au Coran, il prône l’anéantissement des juifs et des chrétiens. On peut toujours s’efforcer de « contextualiser » pour servir une lecture moins rétrograde des textes, mais l’exercice à ses limites. On finit par s’éloigner tellement du texte qu’on n’est jamais sur la même longueur d’onde que le lecteur lambda.

Au service de la pulsion de mort

Les prélèvements dans les textes sacrés auraient pu aboutir à la construction de religions fondées sur la paix et l’amour du prochain. C’est tout le contraire qui s’est produit car les monothéismes sont fascinés par la mort. Comme le souligne Onfray, « l’extermination juive des Cananéens, la crucifixion du Messie, le djihad musulman du Prophète font couler le sang qui bénit et sanctifie la cause monothéiste ». Si les religions offrent un minimum de protection à ceux qui partagent la même foi (l’Alliance des juifs, l’Eglise des chrétiens, l’Umma des musulmans), elles sont en revanche impitoyables avec ceux qui ont une foi différente, ou - pire - avec les athées. Par exemple, Islam, christianisme et judaïsme ne condamnent pas l’esclavage : ils le considèrent comme une marque d’infamie réservée à ceux qui ne prient pas le même dieu qu’eux.

Hitler et le Vatican, une histoire d’amour

Dès ses débuts, sous l’influence de Paul de Tarse (dit "Saint" Paul), le christianisme est très fortement marqué par l’antisémitisme. Cette haine des juifs explique en partie le "mariage d’amour" entre l’Eglise catholique et le nazisme. L’animosité à l’égard des communistes est également pour beaucoup dans ce rapprochement. Celui-ci a pris des formes diverses : concordat avec Hitler dès 1933, silence sur les lois raciales et autres violences faites aux juifs (boycott de leurs magasins, Nuit de cristal, etc.), transmission du fichier d’archives généalogiques de l’Eglise aux nazis, exfiltration des criminels de guerre hors d’Europe, etc. S’il ne fallait garder qu’un exemple symbolisant la bienveillance de l’Eglise vis-à-vis du nazisme, gardons celui là : Adolf Hitler n’a jamais été excommunié (contrairement aux communistes qui l’ont été en masse) et son livre Mein Kampf n’a jamais été mis à l’Index. Or, comme le rappelle Onfray, après la parution de ce livre, l’Eglise mettait à l’Index les ouvrages de Henry Bergson, André Gide, Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre et jusqu’à Pierre Larousse (coupable du Grand Dictionnaire Universel !).

La bienveillance de l’Eglise vis-à-vis de Hitler est payée de retour. Dans Mein Kampf comme en privé [2], le Führer dit tout le bien qu’il pense du christianisme : de son antisémitisme bien sûr, mais aussi de certains dogmes comme l’infaillibilité papale. On ne s’étonnera donc pas que les soldats du Reich aient porté des ceinturons avec l’inscription "Dieu est avec nous", que les enfants de l’école publique national-socialiste aient dû réciter chaque matin une prière à Jésus, ou que l’Eglise catholique n’ait jamais été persécutée.
Pour Onfray, le "compagnonnage du christianisme et du nazisme n’est pas un accident de l’histoire". "Saint" Augustin défendait déjà en son temps les expéditions punitives, les massacres et les guerres sous prétexte de guerres et de persécutions "justes". Quant à "Saint" Bernard de Clairvaux, il n’hésitait pas à écrire que "la mort du païen est une gloire pour le chrétien". Christianisme et Islam ont le même désir de s’exporter dans le monde entier (contrairement au judaïsme qui souhaite uniquement avoir le contrôle total de la Judée). La vocation expansionniste des deux monothéismes a conduit à des exterminations de masse aussi bien sur le continent américain qu’en Afrique, y compris aujourd’hui [3]. Rien de surprenant à ce que l’Eglise ait justifié les croisades, l’Inquisition, les guerres saintes, le bombardement d’Hiroshima ou la peine de mort. Le sang ne fait pas peur aux adorateurs du Christ en croix.

L’islam, le sang et le fascisme vert

Il n’effraie pas non plus les lecteurs du Coran. Celui-ci donne largement matière à justifier les violences et les meurtres. Le parcours du Prophète est ponctué de guerres, de razzias, de meutres, etc. Quoi qu’en dise le verset 32 de la cinquième sourate ("ce que l’on fait à l’un, on le fait à tous ; supprimer un homme, c’est les exterminer tous"), dans le Coran, toutes les vies ne se valent pas. En instaurant une hiérarchie entre les musulmans et les non-musulmans, les hommes et les femmes, les religieux et les croyants, l’Islam est profondément inégalitaire. Il contraint au repli sur soi, sur le noyau familial et la communauté. Il promeut une société close et immobile où le contrôle de l’individu est extrêmement sévère. La révolution islamique iranienne de 1978 marque le début du fascisme musulman, que l’ayatollah Khomeyni théorise dans son Testament politico-spirituel. L’imam a le monopole de la lecture du livre saint, la religion devient une affaire d’Etat, une politique élargie à la totalité de la sphère humaine (famille, travail, sexualité, école, armé, santé, presse, etc.). La mort de l’individu est glorifiée par le culte des martyrs. Pour Onfray, cette théocratie islamique illustre le maximum de cohérence possible car "le Coran ne permet pas une religion à la carte". On ne peut pas se dire musulman et refuser toutes les sourates qui gênent une existence confortable et intégrée dans la post-modernité.

Construction du christianisme

La construction de Jésus

L’existence historique de Jésus n’est pas avérée mais son existence en tant que personnage conceptuel est indéniable. En replaçant Jésus dans son contexte historique et en comparant le récit de sa vie avec celui d’autres personnages de la même époque, Onfray conclut que Jésus est une construction intellectuelle cristallisant le refus juif de la domination romaine. Dès lors, il n’est pas surprenant qu’on lui prête les mêmes attributs merveilleux qu’aux grands personnages de l’antiquité (mère vierge, implication de créatures magiques comme les anges, résurrection, etc.). Pendant plusieurs siècles, le mythe de Jésus s’est enrichi de témoignages contradictoires (parce que tous inventés) jusqu’à ce que l’Eglise effectue un tri et retienne un corpus définitif. Le rôle des évangélistes est donc capital dans le développement du christianisme : ils ont inventé des textes - auxquels ils croyaient - et ont construit de toutes pièces une créature (Jésus) à laquelle ils se sont mis à vouer un culte. C’est le principe même de l’aliénation.

La contamination Paulinienne

Une fois le personnage conceptuel né, il lui faut des idées. C’est Paul qui les lui fournit. Or, Paul présente tous les symptômes de l’hystérie (Onfray suppose une névrose liée à une impuissance sexuelle ou à une sexualité refoulée). Toujours est-il que Paul s’efforce de faire de sa névrose le modèle du monde, de créer le monde à son image : une image déplorable faite de fanatisme, de misogynie, de violence et de masochisme. Car le parcours de Paul est clairement celui d’un masochiste qui déteste son corps et invite le reste du monde à faire de même. Il ne s’en cache pas lorsqu’il déclare : « je meurtris mon corps et le traîne en esclavage » (1 Cor. IX, 27). Par ailleurs, sa haine des femmes l’amène à recycler la misogynie du monothéisme juif et à formuler un grand nombre d’interdits à leur encontre dans ses épîtres et actes. Pour compléter ce portrait peu flatteur, Onfray souligne que Paul était un personnage inculte ayant développé une haine de la culture et notamment de la philosophie. C’est cet être névrosé qui, de son vivant, exporte sa foi dans des dizaines de pays à travers l’Empire romain.

L’Etat totalitaire chrétien

Le troisième temps du développement du Christianisme est se caractérise par le rapprochement de cette religion avec les puissants. Lorsque Constantin prend la tête de l’Empire romain (en 312), il légifère pour donner des gages aux chrétiens. Ceux ci le lui rendent bien puisque le clergé lui confie les pleins pouvoirs au concile de Nicée. Cette alliance de l’Eglise et de l’Etat donne naissance à un « Etat totalitaire chrétien » [4]. L’Empereur Constantin et ses successeurs ont bien compris l’intérêt de commander un peuple soumis aux préceptes de Paul (obéissance aux autorités temporelles). Pendant et après le règne de Constantin, la répression s’abat sur tous ceux qui ne se plient pas à la nouvelle religion d’Etat. Les exécutions des opposants et les autodafés se multiplient. Les chrétiens pillent, détruisent, torturent et assassinent en toute impunité. Ces exactions s’appuient en effet sur un arsenal juridique légitimant l’élimination des non-chrétiens. Par exemple, en 449, Théodose II et Valentinien III prescrivent la destruction de « tout ce qui peut exciter la colère de Dieu ou blesser les âmes chrétiennes ». Une fois de plus, le droit se met au service du plus fort.

Pour une laïcité post-chrétienne

A l’heure où chacun est sommé de choisir son camp entre l’Occident judéo chrétien et le monde musulman, il est possible de refuser cette logique en considérant que ces modèles pour le monde sont des impasses. Notre époque a besoin d’une laïcité post-chrétienne qui romprait avec la laïcité militante traditionnelle. Celle-ci se contente en effet de recycler la morale chrétienne en la dépouillant des atours religieux les plus voyants. De plus, elle promeut un relativisme qui met toutes les croyances sur le même plan, qu’elles soient magiques ou rationnelles. Or, ces croyances ne se valent pas. La construction d’une laïcité post-chrétienne passe par une redécouverte de l’héritage philosophique des matérialistes, des cyniques, des hédonistes, des athées, des sensualistes, des utilitaristes... Bref, de tous ceux qui mettent toute leur énergie à s’occuper du seul monde qui soit pour que l’homme puisse mieux y vivre. Cette nouvelle laïcité, Michel Onfray contribue à la construire à travers chacun de ses ouvrages : projet hédoniste éthique dans La Sculpture de Soi, politique dans La Politique du Rebelle, érotique dans Théorie du Corps Amoureux, pédagogique dans L’Antimanuel de Philosophie, épistémologique dans Féeries Anatomiques, gastronomique dans La Raison Gourmande ou esthétique dans l’Archéologie du Présent, pour ne citer que ses ouvrages les plus connus.

ONFRAY, Michel, Traité d’Athéologie, Grasset 2005, ISBN 2 246 64801 7

Pour poursuivre la réflexion sur la Révolution en Charentaises, voir les autres articles disponibles dans la rubrique "Athéisme"


Voir en ligne : Site officiel de Michel Onfray

Notes

[1] La circoncision correspond aux définitions juridique et physiologique de la mutilation. En effet, il s’agit d’une opération chirurgicale qui consiste à retrancher une partie saine du corps d’un enfant non consentant sans raison médicale. Sur le plan physiologique, il s’agit la résection de l’une des parties les plus innervées du corps.

[2] Conversations publiées avec Albert Speer.

[3] L’attitude de l’Eglise pendant le génocide rwandais permet de s’en convaincre.

[4] L’expression est de l’historien Henri-Irénée Marrou.


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10 Messages de forum

  • Mon avis 10 septembre 2006 18:29, par Le Fantasio

    Enfin un ouvrage vigoureux sur l’athéisme ! Dans ce livre Michel Onfray analyse, dissèque et pulvérise les dogmes des religions monothéistes. Pour lui elle ne sont que des expédients métaphysiques et il argumente sa position grâce à son immense et impressionnante connaissance de son sujet. Ce livre est un réquisitoire impitoyable qui dénonce les contradictions, le non-sens et la vacuité des trois « livres sacrés ». Il appelle enfin à une promotion d’une laïcité post-chrétienne, à savoir athée, militante et radicalement opposé à tout choix de société entre le judéo-christianisme occidental et l’islam qui le combat. En clair il préfère la philosophie aux théologies abracadabrantesques ! Un ouvrage passionnant, peut-être un peu trop militant et violent mais qui a le mérite d’être clair et qui ne peut laisser indifférent.

  • Traité d’athéisme primaire 19 novembre 2006 05:59, par Georges Sylphe

    Il y a une manière plus subtile d’être athée. L’athée se fiche du religieux. Le combattre comme si le religieux en général exerçait effectivement une influence sur les contemporains est réducteur. Il y a certes un problème avec un certain "islam". Plus encore, certains de nos comportements sont hérités d’une pensée chrétienne (pour le meilleur ou pour le pire). Mais c’est un peu grossier de tout mettre dans le même sac. L’athéisme ne se définit pas par rapport aux religions : sinon, il en devient le négatif, c’est-à-dire une religion inversée. L’athéisme est une pensée positive par elle-même. Elle n’a pas besoin de la religion pour exister. L’agressivité dont fait preuve l’ouvrage ressemble beaucoup à de la rancoeur, et pas à une véritable réflexion philosophique. Ressortir la bonne vieille artillerie lourde de l’anticléricalisme est ridicule. Ridicule comme peut l’être l’iconoclasme devant des icônes déjà à terre. Que craindre en effet : la vindicte d’une poignée de curés consciencieux ? Ou bien la fatwa de quelque imam intégriste. Alors il ne faut pas se tromper de cible. S’en prendre aux intégrismes, et spécialement à l’intégrisme islamiste, voilà le vrai combat. En dehors de cela, il n’y a que jouissive provocation. Mais provoquer n’est pas philosopher, même avec le renfort de l’érudition et du verbiage philosophiques (à commencer par le ronflant "athéologie"). Bref, l’athéisme vaut mieux que cette caricature.

  • Traité d’athéologie 25 novembre 2006 17:14, par damien

    Monsieur, vous avez sans doute raison de critiquer le ton parfois trop polémique d’Onfray : pour quelqu’un qui prône la politesse et la courtoisie, les attaques sont bien virulentes. Toutefois, quand vous écrivez que l’auteur tire sur l’ambulance, cela me semble inexact. En effet, l’anticléricalisme des 18eme et 19 eme s. combattait une institution puissante, un pouvoir effectif. Ce que souligne Onfray, c’est qu’au delà de l’institution catholique, il existe un inconscient chrétien qui, pour fonctionner, n’a besoin que d’avoir été suffisamment interiorisé, à la manière d’un habitus bourdieusien.Cet inconscient est à la base de jugements moraux partagés par une partie non négligeable des esprits. Et, in fine, en bon nitzschéen, c’est le sentiment de culpabilité qu’il invite à interroger dans un horizon hédoniste.

  • Avec un style intellectualisant, Onfray réécrit l’histoire pour la bonne cause de son raisonnement. Le concordat signé avec Pie XI en 1933 avait pour but, de préserver la sécurité des catholiques allemands, alors qu’au même moment, Staline organisait des massacres antichrétiens. Le pouvoir nazi n’a jamais respecté la lettre du concordat, malgré des dizaines de lettres de protestation de la part de l’Eglise. En 1937, la doctrine nazie est condamnée dans l’encyclique rédigée en allemand Mit Brennender Sorge. Que pour préserver ses propres intérêts, le Pape Pie XII, ait fermé les yeux sur les massacres des Juifs est effectivement un scandale de lâcheté. Le problème est en fait complexe : notamment des milliers de Chrétiens ont été persécutés à cause de leur foi pendant la seconde Guerre. On peut penser que la volonté du pape d’épargner les otages catholiques explique (sans la disculper !) l’attitude papale. L’histoire de l’église comporte de nombreux épisodes sombres et peu glorieux. Mais 1) pourquoi ne focaliser que sur ceux-ci ? 2) En quoi ces épisodes expliquent notre comportement actuel ? Personnellement, je suis athée, et je me sens pur de tout pécher originel. Je n’ai pas de culpabilité à expurger. Les massacres du Moyen-Âge ne me concernent pas. Tout comme ils ne concernent pas les Cathos d’aujourd’hui. Traquer la faute, c’est un réflexe chrétien : c’est le complexe du "pécher originel". Donc si Damien n’a pas tort de parler d’habitus, nul n’est besoin de passer par un discours (auto-)culpabilisant. ça, c’est justement un habitus. Il faut aborder l’histoire (dont l’histoire de l’Eglise) exactement comme on écrirait l’histoire des mayas : sans intention sous-jacente de tracer la généalogie de la faute. L’importance que prend l’histoire chez Onfray (surtout lorsqu’elle est accommodée à son raisonnement philosophique) est à cet égard plutôt suspecte.

  • Traité d’athéologie 9 janvier 2007 18:17, par damien

    " On peut faire dire ce que l’on veut à l’histoire" dit Paul Valéry (mélanges). Il est vrai que Michel Onfray, au fil de ses ouvrages, manque de plus en plus de nuances. Alors que ses premiers livres étaient très personnels, qu’ils apportaient une pensée non-consensuelle et revigorante, je relève de plus en plus de défauts, bien que j’adhère toujours à son projet de secouer les esprits empetrés dans le conformisme : peu de problématisations, des thèses étayées par beaucoup (trop ?) de rhétorique ( accumulations, gradations, paradoxysme...) qui ne devraient pas se substituer à l’argumentation ; Mais surtout le refus d’exposer les idées de ses opposants... Décidément, le traité d’athéologie ne vaut pas politique du rebelle ou la sculpture de soi... Quel dommage !

  • Traité d’athéologie 16 juillet 2007 18:06, par dj

    Au début, je pensais que ce livre enfonçait des portes ouvertes mais force est de constater que non. Rappeler les autodafés effectué par les autorités religieuses, la destruction en règle de la civilisation antique qui a manqué de justesse d’etre complète n’est jamais inutile. Je ne suis ni monothéiste ni athée mais il me semble évident qu’Onfray mène un bon combat.

  • Traité d’athéologie 28 janvier 2012 12:27, par carlotus

    Je n’ai aucune confiance dans ce qu’écrit Michel Onfray. Tout me paraît marqué du signe de l’outrance, du dogmatisme, de la polémique furibarde. Etant catholique et croyant, je ne suis pas pour autant un esprit simplificateur. Je reconnais que Michel Onfray est cultivé, voire savant. Mais des savants qui disent n’importe quoi, ça arrive, et plus souvent qu’on ne pense. Surtout quand ils mélangent astucieusement le vrai et le faux.

    Je me contenterai d’un exemple. Dans le Traité d’athéologie je lis : « Les trois monothéismes, animés par une même pulsion de mort généalogique, partagent une série de mépris identiques : haine de la raison et de l’intelligence ; haine de la liberté ; haine de tous les livres au nom d’un seul ; haine de la vie ; haine de la sexualité, des femmes et du plaisir ; haine du féminin ; haine des corps, des désirs, des pulsions. En lieu et place de tout cela, judaïsme, christianisme et islam défendent : la foi et la croyance, l’obéissance et la soumission, le goût de la mort et la passion de l’au-delà, l’ange asexué et la chasteté, la virginité et la fidélité monogamique, l’épouse et la mère, l’âme et l’esprit. Autant dire la vie crucifiée et le néant célébré... ».

    Haine du plaisir ?

    Je lis dans le "Dictionnaire de philosophie et de théologie thomistes", page 385, dans l’article "plaisir" : "Sur le plan moral, le plaisir n’est pas une fin en soi, il est un acte relatif à un bien. Il accompagne un acte réussi qui peut être moral ou immoral. La passion de plaisir n’est ni bonne ni mauvaise en soi, elle est moralement bonne quand son objet est conforme à la raison, autrement dit quand elle est réglée par la raison pratique et conforme à l’ordre objectif de la moralité etc " Cf Somme Théologique Ia-IIae, questions 31-34

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