LA CRIEE : une autre méthode pour faire circuler l'information - La Révolution en Charentaises

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LA CRIEE : une autre méthode pour faire circuler l’information

mardi 16 janvier 2007, par Caliméro M. / 10667 visites

La criée était, autrefois, quand beaucoup de personnes n’avaient pas accès à la connaissance, un moyen de faire circuler l’information : une personne criait les nouvelles au coin des rues.

C’est en lisant un roman de Fred VARGAS (archéologue, spécialiste du Moyen-Age et auteur de romans policiers) « Pars vite et reviens tard », que l’idée de remettre en vigueur la criée m’est venue. Le héros de ce superbe roman-policier crie régulièrement des annonces que les personnes concernées déposent dans une boîte à message mise à leur disposition, dans un lieu public, en l’occurence une petite place à côté d’un café. Le Crieur numérote les annonces avant de les crier et les auditeurs intéressés viennent trouver le crieur pour obtenir les coordonnées de l’annonceur, et prendre contact avec lui.

J’ai convaincu 2 amies de « crier » avec moi, et durant une année, dans un lieu alternatif de notre ville, une fois par mois, nous avons proposé une criée qui comportait : des nouvelles prises dans l’actualité de la semaine, des petites annonces, ventes, achats, autres, de très courts textes se rapportant à l’époque de l’année.

Consignes : les textes sont courts, rédigés d’une façons humoristique, si possible, ou avec dérision pour certaines nouvelles graves, et les références de provenance sont fournies en fin de criée. Il y a une éthique à respecter, ce qui demande quelques mises au point préalables pour le groupe de travail.

En première partie, il s’agissait du travail des crieuses, intervention à deux au minimum, puis en seconde partie les auditeurs pouvaient rédiger une petite annonce que les crieuses reprenaient après les avoir lues, et avoir, éventuellement, ajouté une note d’humour. Une boîte à messages était en permanence à la disposition de tous dans ce lieu alternatif.

Nous avons pratiqué la criée dans un lieu fermé, mais elle peut se pratiquer dans des lieux ouverts : des cafés, sur des places de village, de marché, avec l’accord des mairies.

Un groupe de théâtreux nantais la pratique régulièrement en extérieur. Je sais que je m’adresse à des communiquants très branchés (!!) en informatique, mais dans la transmission des informations, il ne faut rien négliger et dans ce monde où la pauvreté progresse, la criée est un moyen gratuit de faire circuler les nouvelles et de créer du "lien social", peut être ! C’est une méthode intéressante pour faire ressortir des faits marquants, en utilisant l’humour ; il est possible de fixer un thème, dans ce cas il faut l’annoncer pour que chacun s’y prépare. Par exemple, nous avons été sollicitées pour préparer une criée axée sur les discriminations pour l’ouverture d’une semaine d’éducation contre le racisme.

Après quelques recherches, je peux vous dire que plusieurs personnes en France pratiquent la criée : dans la région nantaise, la région lyonnaise ; je continue mes recherches pour connaître leur méthode. Par ailleurs, à la fin du mois, on pourra voir sur les écrans un film réalisé par Régis Wargnier à partir du roman de Fred Vargas, avec le même titre, Pars vite et reviens tard où l’on pourra voir le héros Crieur en action.



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