« Vous nous laissez tranquilles, d'accord ? » - La Révolution en Charentaises

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« Vous nous laissez tranquilles, d’accord ? »

samedi 1er décembre 2007, par Anatole Ibsen / 10735 visites

Quand Françoise de Panafieu, candidate à la mairie de Paris, ne manque pas d’air...

Les lecteurs de la Révolution en Charentaises connaissent peut-être cet extrait sonore. Il circule depuis quelques jours de boîtes mail en boîtes mail.

Il s’agit en fait de l’extrait d’une interview d’une journaliste de France Inter, travaillant pour Daniel Mermet. La rédaction de l’excellent site Arrêts sur images a d’ailleurs mené sa petite enquête. Et ce qu’on peut y entendre est assez sidérant.

Tout d’abord, à la question "Est-ce normal de faire la grève aujourd’hui ? [1]", Françoise de Panafieu affirme qu’il y a "des régimes de retraite qui doivent être revus (...) et que ces avantages, il faut commencer à accepter à les regarder de près et éventuellement d’en abandonner certains, voilà."

Seulement, c’était sans compter sur la pugnacité de la journaliste de France Inter, qui met franchement les pieds dans le plat [2] en demandant à de Panafieu de réagir sur les régimes de retraite de députés. Et là, le ton monte, comme vous pouvez l’entendre dans cet extrait...

Tout est dans le "vous nous laissez tranquilles, d’accord ?". Un "nous" auquel Françoise de Panafieu mettrait bien une majuscule, histoire de le transformer en nous de majesté. Le Nous de la caste et des vrais privilégiés.

Car Francoise de Panafieu oublie un peu vite sa propre histoire. En matière de privilèges, la député UMP en a eu plusieurs, et pas des moindres. A commencer par son entrée en politique, au milieu des années 70, en tant qu’attaché parlementaire, entrée qu’elle doit à un minsitre giscardien, un certain François Missoffe. Lequel Missoffe n’est autre que... son papa. Issu d’un milieu culturellement pauvre (ses deux parents furent députés puis ministes) et d’une famille sans le sou (les De Wendel, une dynastie industrielle depuis trois siècles, dont les rênes ont été tenus par le cousin de Françoise, un certain Ernest-Antoine Sellière [3])...

Quant à ce qui nous occupe directement, les retraites, Françoise de Panafieu a vraiment tout intérêt à ne pas évoquer les régimes spéciaux des députés, auquel les parlementaires viennent d’ailleurs de régler un sort définitif et avantageux cette semaine en catimini [4]. En effet, il suffit de jeter un oeil à ses mandats pour comprendre : en bonne professionellle de la politique, Françoise de Panafieu cumulera les retraites de député, de ministre [5] et d’ambassadeur [6].

La grandeur du personnage ne serait évidemment pas totale sans un petit coup d’oeil aux enquêtes menées par nos confrères d’iPol. Grandeur à laquelle ne devraient pas être insensibles les électeurs parisiens en 2008...

Notes

[1] Nous sommes le 18 octobre 2007.

[2] Souvennons de cette excellente définition du journalisme de Milan Kundera : ce n’est pas l’art de celui qui pose des questions mais de celui qui exige des réponses.

[3] Pour les plus jeunes, l’ancien patron du Medef, aujourd’hui président du groupe d’investissement français Wendel Investissement.

[4] Cf. "Un régime de retraite très spécial et intouchable" in Le Canard enchaîné du 21 novembre 2007, page 2.

[5] Six mois sous Juppé, avec le tourisme comme portefeuille.

[6] De la France à l’Unesco, entre 1996 et 1997.


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