Aucun acte individuel n’évitera le réchauffement climatique - La Révolution en Charentaises

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Aucun acte individuel n’évitera le réchauffement climatique

dimanche 28 septembre 2008, par Thibo / 25111 visites

Les petits actes de la vie de tous les jours n’infléchiront en rien les rejets de dioxyde de carbone dûs à l’activité humaine. Ce n’est pas le jour où le monde entier se mettra à rouler en vélo et bannir l’avion que la consommation de pétrole diminuera, mais bien l’inverse : quand le pétrole sera rare et cher, alors, le monde entier se mettra au vélo et bannira l’avion.

Combustion et pollution

Le réchauffement climatique est dû à l’effet de serre, lui-même provoqué par l’atome de carbone sous forme de dioxyde de carbone gazeux et atmosphérique. Ce phénomène est maintenant assez bien connu du grand public, je ne rentrerai donc pas plus dans les détails. Rappelons juste que l’effet de serre est bon à priori, car sans lui la température moyenne de la Terre serait de –18°C. Mais le problème du réchauffement vient de l’augmentation trop rapide de la concentration en CO2 dans l’atmosphère due à l’activité humaine. En cause donc, notre consommation de carbone fossile (pétrole et charbon) qui libère une très grande énergie. Cette concentration d’énergie est très pratique pour se chauffer ou se déplacer (presque irremplaçable même), mais la combustion libère aussi le dioxyde de carbone : la voiture, le chauffage, l’industrie, les transports aériens, routiers ou maritimes sont donc pointés du doigt : ils polluent.

Pas de solution individuelle

La réponse à ce problème global de pollution a été jusque là individuelle : par exemple, le protocole de Kyoto prévoit que chaque pays, indépendamment, fasse un effort pour rester en dessous de certains quotas. De même, le développement durable est globalement un plan de communication qui vise la responsabilité de chacun : "achetez une voiture qui consomme moins", "faites isoler votre appartement", "changez vos vieilles ampoules pour de la basse consommation", "éteignez vos appareils en veille" [1]… J’ai souvent vu des amis faire attention à ces petits détails, et dire « au moins, c’est déjà ça. » Ou encore : « Si tout le monde faisait comme moi ! ». Mais justement, tout le monde ne fait pas comme eux, parce que tout le monde n’a pas leur connaissance ou simplement leur liberté d’agir sur leur vie. Autrement dit, ce discours et ces actions peuvent offrir de la bonne conscience individuelle, mais les actes isolés sont nettement insuffisants et n’agissent pas sur la production globale de dioxyde de carbone. De même les voitures qui dégagent 115 ou 139 g de CO2 par km ont un bon argument de vente à écrire en gros sur la pub, mais elles ne réduiront en rien la facture énergétique globale, car le but reste avant tout d’en vendre toujours plus pour faire encore plus de kilomètres. Et oui ! tant que l’économie mondiale fonctionnera sur la croissance, le but sera de produire plus et donc de consommer plus de matière premières (pétrole et charbon compris).

Pas même de solution à l’échelle d’un pays.

Même à l’échelle d’un pays, un plan d’isolation des appartements ou de renouvèlement du parc automobile pour des voitures dites « propres » (disons plutôt "moins sales") ne fonctionne pas ; ce n’est pas inutile, et j’y reviendrai, mais ça ne diminuera en rien la facture énergétique mondiale. Car le dioxyde de carbone émis dans l’atmosphère n’est pas seulement la somme des consommations individuelles : ils est avant tout directement fonction de la quantité de pétrole (et de charbon) extraits du sol. On peut dire sans trop d’approximations, que quasiment tout le pétrole extrait du sol, sera un jour ou l’autre brûlé (même s’il passe provisoirement par l’état de plastique) et donc transformé en CO2. Les pays producteurs produisent une certaine quantité de pétrole, et si il y a un surplus dû aux économies d’énergies françaises et occidentales, cette baisse de la demande aura un impact sur le prix du baril (à la baisse) et alors on trouvera sans problèmes de nouveaux acquéreurs prêts à développer de nouvelles activités industrielles énergivores. Il y a eu par exemple, ces dernières années, les compagnies aériennes à bas coût et le développement du transport aérien dans son ensemble. Un billet d’avion pour le Maroc est passé de 300 € environ en 1999 à 150 € en 2007. Pour les années 2010, il y a la Nano Tata : la voiture à 2500 $, crée pour les classes moyennes indiennes, prête à équiper 100 ou 200 millions d’indiens. On peut aussi citer les délocalisations qui consomment beaucoup d’énergie à faire parcourir des milliers de kilomètres aux matières premières et aux produits manufacturés. Autrement dit, ce n’est pas la demande qui conditionne l’offre, mais l’inverse : quand bien même on ferait tous les efforts possibles pour réduire sa consommation d’énergie, tant qu’il y aura une offre de pétrole pas cher, il sera inéluctablement transformé en dioxyde de carbone, et ce à un rythme de plus en plus rapide, en fonctions de la production que peuvent assurer total, Shell et les autres extracteurs.

Seule une solution collective

Il n’y a donc qu’une solution au réchauffement climatique : réduire l’offre de pétrole, c’est-à-dire soit interdire de nouveaux forages, soit les taxer fortement. Le seul problème : personne n’ose en parler ou ne sait comment faire. [2] Et pourtant, tout le monde y gagnerait : à commencer par nos enfants, mais pas seulement : les pays producteurs vendraient leur barils plus cher (entre 200 et 300 €) et donc gagneraient autant voir plus d’argent. L’économie se relocaliserait : inutile de faire faire ses vêtements en Chine si le prix de transport coûte plus cher que la main-d’œuvre française. Évidemment, il y aurait aussi des dommages : l’Américain comme le Français moyen n’auraient plus les moyens de prendre l’avion et la voiture comme on le fait encore : c’est-à-dire sans réfléchir. Les logements se rapprocheraient automatiquement des lieux de travail, les pécheurs stopperaient la pêche avec des bateaux qui consomment énormément et donc qui polluent énormément. Beaucoup de chauffeurs routiers seraient mis au chômage et seraient donc amenés à trouver une autre activité. Enfin, une tranche de la population n’aurait plus l’argent pour se chauffer dignement. En ce sens, la politique d’économie d’énergies fossile des pays occidentaux (voitures qui consomment moins, meilleure isolation des logement) pourra s’avérer utile et éviter le pire.

Vivement le baril à 300€

Mais surtout, dans l’idée d’un pétrole cher (et pourquoi pas surtaxé dans les pays occidentaux), nos enfants auraient peut-être une chance de vivre dans un monde où les bouleversements climatiques (puisque c’est déjà trop tard pour qu’il n’y en ait pas) resteraient vivables. Ce qui s’est passé au premier trimestre 2008 avec un pétrole à 145 $ est historique : la consommation d’essence des américains a baissé de 15 % par rapport à celle de 2007. Ce qu’aucun protocole n’arrivera jamais à faire, l’économie le fait. De même en France, le vélo redevient un des premiers moyens de déplacements citadins et la distance travail-maison tend à redevenir un critère prioritaire dans le choix du logement et du travail.

Bref, ça fera un peu mal en passant à la pompe, mais vivement le baril à 300€ et le gazole à 3€ le litre : en effet, avec un pétrole cher, on ne pollue pas n’importe comment.

Notes

[1] tous ces conseils sont d’ailleurs toujours dans une certaine idée de consommation ... on entend trop rarement des idées de décroissance dans les slogans officiels : du genre "partez en vacance moins loin", "réfléchissez avant de prendre votre voiture", "évitez l’avion", "ne consommez pas plus que le nécessaire"

[2] On pourrait réfléchir à taxer le baril quand il passe en bourse... mais il paraît que ce n’est pas dans la culture boursière...


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11 Messages de forum

  • bons conseils:la planète entière doit réagir.Les présidents des pays doivent en faire une priorité.

  • Ok avec cette vérité sauf que.... 29 septembre 2008 07:58, par Bonnie

    Il ne faut pas oublier qu’avant d’arriver à une action collective et mondiale, il devra obligatoirement y avoir plusieurs étapes....On a déjà passé l’étape de l’indifférence et on finit celle du déni et du négationnisme. Maintenant, il faut bien qu’il y est quelque chose qui fasse que ce changement global arrive...Ce sera la pression de l’opinion publique des pays riches et rien d’autre : ce ne sont pas les sociétés transnationales qui vont vouloir changer le système actuel, ni même les financiers et encore moins nos politiques qui soient ont eux-même trop d’investissements pour vouloir que ça change dans notre système économique actuel, soit se retrouvent face à des lobbing hyper-puissants contre lesquels ils ne peuvent rien. Donc, je disais il faut l’opinion. Or une opinion c’est 1+1+1+1....Si aujourd’hui chacun change ses comportements, ça fera effet boule de neige : d’une part, ça obligera les industriels à s’adapter à une nouvelle demande (ils ne fonctionnent que comme ça, ceux-là : "oh, un nouveau marché s’ouvre : on va répondre à la demande pour faire du business") et d’autre part ça fera l’opinion, qui poussera nos politiques à faire l’effort de tenter quelques chose de plus global. Donc si tu parles du rejet de CO² : non les actions individuelles sont loin d’être suffisantes, mais pourtant elles sont l’unique possibilité et le passage obligatoire pour arriver à une solution globale....En ce sens, alors, elles sont primordiales !!!! Donc chaque acte individuel est un pas de plus vers la solution pour lutter contre le réchauffement climatique....Il ne faut pas décourager les personnes qui commencent juste à vouloir agir...

  • Aucun acte individuel n’évitera le réchauffement climatique 1er octobre 2008 11:16, par Colonel Sofi

    Voilà des années que je dis qu’il y a un ennemi ; la voiture individuelle. Il faut arrêter d’en fabriquer et repenser entièrement notre société avec des transports collectifs. La voiture nous a fait enormément de mal ; elle a même modelé nos villes pour son propre usage. On réfléchit les villes par rapport aux axes de communications et non pas par rapport au bien-être de l’être humain. Remettons l’Homme au centre de la société, pas au milieu des problèmes...

  • Voila bien une réaction de riche : le baril à 300$ C’est sur que lorsque ça coutera super cher de prendre sa voiture pour aller travailler ou de se chauffer, tout le monde sera bien content !! Surtout les classes inférieures qui verront leur pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil. Rappelez-vous ce qui est arrivé lors des précédentes crises pétrolières. Biensur il y a eu des réaction pour éviter le gaspillage, mais la crise n’est quand même pas quelque chose à souhaiter Et le problème principale dans tout ça, c’est que les scientifiques ne sont même pas sûrs qu’ils y ait réellement un réchauffement climatique dans les années qui vont venir. Aucun consensus. Pire, les études montrent que ça va plutôt se refroidir. Le vrai problème, c’est la pollution ! Le réchauffement climatique, dans quelques années on en entendra plus parler, voire on en rigolera comme pour le trou de la couche d’ozone (qui s’est reformée toute seule ...)

    • Et si, il y en a encore qui refusent d’admettre la vérité... Pas de consensus chez les scientifiques ? Bien sûr que si....mais oui, il y a quelques "études" financées par des grands groupes qui ne veulent pas qu’on touche au système qui sont envoyés dans les boites des puissants et dans les médias pour freiner la sensibilisation de l’opinion et qui disent le contraire. ET apparemment ça marche ! Je retire ce que j’ai dit : on n’a pas encore fini la phase du négationnisme...Alors ça risque d’être difficile d’arriver enfin à changer les choses rapidement. Pauvre monde J’ai une théorie perso : imaginez que la Terre est un système complexe vivant capable de résister à sa destruction, ce que certains appelleraient la Nature. Dans ce cas, ne serait-elle pas en train de modifier ses conditions pour que son plus gros nuisible n’y survivent pas ? Parce que nous, on ne survivra pas, mais la vie si et la Terre aussi. Y’a pas que l’Homme....

      • Je répond à Bonnie. Les études qui ne vont pas dans votre sens sont financées par les industriels ? Soit, il y en a surement. Mais qui finance les études montrant le réchauffement climatique ? N’y a t-il pas également des intérêts financiers très importants qui poussent à prouver à tout prix le réchauffement ? Et puis comment s’étonner que certains scientifiques gardent le silence plutôt que de donner un avis contraire au votre. Si c’est pour se faire traiter de négationniste, pourquoi pas de nazi ? Je donne une définition du négationnisme pour info : "Le négationnisme est le discours qui consiste à contester ou nier la réalité du génocide des Juifs". Avec ça impossible d’avoir un débat serein... Mais apparemment ce n’est pas le but recherché par les tenants du réchauffement climatique dû à l’homme

        • Quand j’utilise le terme de négationnisme, mon but n’est nullement de choquer ou de provoquer des conflits....Le terme est utilisé dans le langage courant et est détourné de son sens premier...Si ça choque ce n’était pas le but, je m’en excuse.... Il y a un quasi-consensus sur l’existence du réchauffement climatique et les scientifiques qui ont travaillé le plus sur le domaine sont payés par des Etats ou des organismes supra-nationaux. Avant, de dire que le réchauffement climatique n’existe pas, il faudrait s’informer plutôt que de l’affirmer sans savoir et de dire en plus "donner nous la preuve de ..." (comme pour ces fameux négationnistes, les vrais, ceux dont je ne dois pas faire référence...) Donc je vous invite à aller sur les sites de la NASA, de météo france, du GIEC, de la NOAA, de l’IFREMER, de Jean-Marc Jancovici...Bref, d’aller réellement lire les études , les sources, les scientifiques plutôt que de rapporter que le réchauffement climatique n’existe pas parce qu’il a été dit dans la presse que certains scientifiques (j’espère que vous parlez pas de Claude Allègre, pitié, et encore moins Laurent Cabrol !!! Mais si, rigolez pas, lui aussi il donne son avis de "spécialiste") ne sont pas d’accord avec la thèse du réchauffement climatique.... bonne lecture à tous....

        • Actes individuels et collectifs 16 octobre 2008 23:52, par Kris

          Attention à ne pas dire n’importe quoi, monsieur Franck. Aujourd’hui les scientifiques sont unanimes pour dire que les activités humaines sont responsables du dérèglement climatique. Les contestations dont vous parlez ne viennent pas de scientifiques, mais de rigolos comme Allègre, qui a peut-etre été scientifique dans un lointain passé mais qui est totalement décrédibilisé par ses déclarations irresponsables et probablement influencées voire achetées. Suivez mon regard.

          Renseignez-vous et ne croyez pas ce qui se dit dans "Capital", "Valeurs Actuelles", "Le Bigaro" et autres journaux à la botte des industriels et marchands d’armes.

          Aujourd’hui la planète va dans le mur à cause de l’irresponsabilité de ces gens-là et la passivité des autres. Laisser faire, c’est être complice.

          Voir en ligne : Les désobéissants

  • Bonjour, (sans m’insulter ou autre) pouvez vous me donner un lien vers un seul article scientifique prouvant : 1° qu’il y a effectivement un réchauffement climatique anormal, c’est à dire "non déjà rencontré dans le passé" 2° qu’il y a un forte corrélation entre ce réchauffement et l’augmentation du CO2. Merci de ne pas me répondre par "c’est évident" ou "tout le monde sait que". En cas de non visualisation de cette remarque, permettez moi d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

    • Aucun acte individuel n’évitera le réchauffement climatique 2 novembre 2008 20:27, par Anatole Ibsen

      Elle ne manque pourtant, la documentation scientifique sur le sujet, mon cher Monsieur.

      1/ Il y a bien sûr eu des réchauffements climatiques par le passé, mais jamais de cette ampleur. Jusque dans les années 1880, ces réchauffement sont cycliques et restent toujours dans une fourchette stable (et ceci depuis le voire les millénaires précédents la révolution industrielle). Aujourd’hui, on est dans une hausse constante, et dans une latitude de température bien plus élevée.

      2/ Quant à prouver qu’il y a une corrélation entre le réchauffement et l’augmentation du CO2, c’est difficile à dire. Par contre, qu’il y a corrélation entre l’augmentation du CO2 et le réchauffement, c’est prouvé.

      Pour ces deux points, je vous renvoie à une étude du Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble, en lien.

      Bonne lecture !

      Voir en ligne : Etude sur le réchauffement climatique du Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble

      • Eh oui, l’homme reviendra à l’âge de pierre.

        Sacré visionnaire ce Einstein.

        Mais je crois perso, qu’il n’aura plus le temps d’y arriver. Il crèvera avant.

        Ah oui j’oubliais. Faites beaucoup beaucoup beaucoup de gosses. Vu l’avenir qu’on leur laisse, y a de quoi se faire plaisir.