Lever le coude ou lever le poing, pourquoi choisir ? - La Révolution en Charentaises

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Lever le coude ou lever le poing, pourquoi choisir ?

samedi 12 septembre 2009, par Onno Maxada / 17469 visites

Vers une tournée réussie des bars de gauche en France et à l’étranger.

A quoi pensez-vous lorsque, sur le point de partir en voyage, vous ajustez les sangles de votre sac à dos et refermez la porte de chez vous ? Moi, je prends généralement une grande inspiration, comme si le fait de gonfler mes poumons à bloc augmentait d’autant les potentialités du voyage à venir, et je rêve d’expériences nouvelles, de découvertes sublimes et de belles rencontres.

Le programme étant aussi alléchant qu’ambitieux, il requiert à la fois une façon d’être pendant le voyage et une préparation attentive en amont. Les belles rencontres par exemple, cela peut se provoquer… sans garantie de succès. Pour ma part, je vais bien volontiers au devant d’amis d’amis, j’utilise les communautés en ligne comme couchsurfing.com pour faire la connaissance d’individus qui me semblent particulièrement intéressants, et je fréquente des lieux à haut potentiel comme les bars politiques qu’on peut trouver dans la plupart des villes européennes.

A priori, l’idée des bars est excellente. Les cafés politiques sont des lieux où le contact est plus facile qu’ailleurs et ils permettent une immersion rapide dans les luttes qui animent les « camarades » des lieux visités. Il suffit pour cela de s’attarder sur les affiches qui tapissent généralement les murs, de jeter un œil sur les messages et les autocollants égayant les toilettes ou de lire les canards mis à disposition (même sans parler la langue, on peut souvent avoir une idée des sujets abordés).

En pratique, on s’expose néanmoins à quelques déceptions. A Amsterdam par exemple, dans un café anarchiste plein de promesses (exposition de cagoules derrière le zinc, bar indétectable de l’extérieur et accessible aux seuls visiteurs sachant sur quelle sonnette appuyer) je ne trouve que des cerveaux embués par l’alcool et les vapeurs de joints, et dont le plus grand exploit semble être de parvenir à suivre laborieusement la partie de fléchettes en cours. A Vienne, je visite le Schwarzes Cafe [1], repaire supposé des anarchistes locaux, et découvre avec consternation que la seule littérature disponible est composée de magazines féminins de type Cosmo [2] et des mêmes ordures publicitaires que dans les autres cafés de la ville. Rien sur les luttes en cours, visiblement pas de programmes de débats ou de soirées à thème bref, un bar désespérément commercial. La veille, j’avais pris un verre avec un jeune rebelle viennois au Alte Wien Kaffee [3], un bar « rouge », et je m’étais fait la même réflexion. Au demeurant, les deux endroits n’étaient pas désagréables mais dans un pays où l’extrême-droite pavane et où le conservatisme triomphe, j’attendais mieux.

Du coup, je propose d’utiliser la Révolution en Charentaises comme un espace d’échange de bonnes adresses de bars de gauche, en France comme à l’étranger, pour faire de nos prochains voyages des occasions de jubilation éthylique et politique. A vos carnets d’adresses !

Notes

[1] Bechardgasse 23, Vienne.

[2] Avec en plus un long article plein de jolies photos montrant que la jeunesse autrichienne sexy et branchée est derrière le candidat d’extrême droite pour les prochaines élections.

[3] Bäckerstraße 9, Vienne.


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