Première rentrée des classes : c’est dur d’aimer l’Ecole ! - La Révolution en Charentaises

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Première rentrée des classes : c’est dur d’aimer l’Ecole !

mercredi 9 septembre 2009, par Onno Maxada / 14902 visites

La première rentrée des classes, c’est un moment qu’on vit deux fois. La première, du haut de nos un mètre, on n’en mène pas large. La deuxième, c’est pire.

La Rentrée des classesJ’ai beau inspecter les coins et les recoins de ma mémoire, je ne retrouve aucune trace de ma toute première rentrée, dont tout porte à croire qu’elle n’a rien eu de traumatique. Les suivantes non plus d’ailleurs. Bon élève, j’aimais aller à l’école et je garde d’excellents souvenirs (peut-être teintés de nostalgie), des longues années passées sur les bancs de l’école, puis des universités.

Et pourtant, dans la semaine précédant la rentrée de mon fils, j’enchaînais les cauchemars et flottait dans un brouillard diffus où le malaise le disputait à la mélancolie. Derrière le brouhaha des cours de récré, j’entendais le grincement d’un nouveau tour de vis et constatais avec amertume que la mécanique rouillée du contrôle social n’avait rien perdu de sa froide efficacité.

En l’espace de quelques jours et du simple fait de devoir amener un enfant à l’école, c’est la vie de tout un foyer qui se trouve réorganisée, minutée et finalement jugée par l’École (l’enfant arrive-t-il à l’heure ? Est-il assez reposé pour être performant ?). Tout comme l’Entreprise, l’École assure un contrôle des corps qui ne s’arrête pas à ses murs.

On a beau aimer l’école, il faut s’y résoudre : en pratique et pour la majorité de ceux qui la fréquentent, elle assure essentiellement une fonction de contrôle des populations, de dressage des individus et de reproduction des classes sociales. Au final, rares sont ceux auxquels elle permet de s’affranchir des déterminismes sociaux. Au lieu d’un ascenseur social, on peut se demander si l’École ne serait pas plutôt une sorte d’échangeur menant droit dans les murs de l’Entreprise (enfin… de plus en plus souvent devant sa porte) ou de la Prison.

Quand on aime l’école, ce sont des pensées qui font mal. Alors on se dit que sans l’École, ce serait pire… et on a vraisemblablement raison.

Cependant, lorsqu’on dit qu’on aime l’école, on commet peut être une erreur de langage. C’est du moins mon cas. Ce que j’aimais dans l’école, ce n’était pas l’institution mais le fait d’apprendre, de me développer sur le plan intellectuel pour être en mesure de penser par moi-même et pouvoir conquérir peu à peu ma liberté. Or, si c’est d’apprentissage et de développement intellectuel qu’il s’agit, l’École n’a heureusement pas de monopole. Il est parfaitement possible d’affûter ses méninges dans d’autres lieux et à d’autres moments que ceux fixés par l’Institution. Les milieux associatifs offrent par exemple des possibilités quasi infinies d’éveil aux sciences, à la musique, à l’histoire, à l’environnement, à la philosophie, à l’Autre dans toute la richesse de son altérité... S’ajoutent à cela les amis, les parents, les émissions un tant soit peu intelligentes, les lectures personnelles, les expériences vécues et toutes les rencontres qui façonnent une personnalité.

Chez tout révolutionnaire qui se respecte, ce sont les rêves qui donnent le cap, alors n’ayons pas peur de rêver :

• Moi, j’exige un prof pour cinq élèves et je fixe pour objectif de former des individus ayant le goût d’apprendre et les capacités intellectuelles pour se plonger dans n’importe quel sujet. Je signe par là même l’arrêt de mort d’une conception de l’École visant à en faire une fabrique d’employés soumis.

• Je réduis le temps de présence journalier à l’école afin de permettre à tous de participer à la vie associative.

• En toute cohérence, je réduis drastiquement le temps de travail des adultes.

• J’encourage de toutes les façons possibles la création et le renforcement du lien social, de sorte que chacun bénéficie au maximum de ce que l’Autre est en mesure de lui apporter.

• J’impose aux médias des programmes de qualité et j’encadre on ne peut plus strictement la publicité.

• Enfin, à titre personnel, je crée une micro-communauté avec mes amis et nous élevons nos enfants en commun.

A partir d’aujourd’hui, mon objectif est clair et tous les moyens sont bons pour y parvenir : bulletin de vote, soutien aux luttes du corps enseignant comme des élèves et étudiants, élections de parents d´élèves, création d’associations, impôts révolutionnaires pour renflouer les caisse de l’Éducation Nationale, insurrection… Bref, ça va barder. Vous en êtes ?


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