Semaine du développement durable : partez bosser à vélo ! - La Révolution en Charentaises

Accueil du site > Techniques de lutte du révolutionnaire en charentaises > Semaine du développement durable : partez bosser à vélo (...)

Semaine du développement durable : partez bosser à vélo !

samedi 3 avril 2010, par Marvin Flynn / 18795 visites

Cela fait un an que je me suis installé dans notre belle capitale, pour rejoindre ma douce. J’en ai profité pour abandonner l’utilisation - en majeure partie - de ma voiture, dont je ne me suis pas débarrassé pour la bonne raison qu’elle n’est pas vendable en l’état mais que je n’ai toutefois pas amenée à Paris (horreur). J’ai donc pris le parti de partir travailler à vélo. Une petite demi-heure deux fois par jour, cela fortifie le cœur, les mollets et ma conscience écologiste. Florilège des arguments habituellement échangés sur l’utilisation du vélo en ville.

Le confort

La Sonnette Iamsterdam !Le premier argument avancé pour dénigrer ce moyen de transport, ce sont les intempéries. Bien sûr, arriver au travail trempé de la tête aux pieds, ce n’est pas confortable. Le froid, la pluie et la neige ne sont pas les amis du cycliste travailleur. Pourtant, à bien y regarder, vous constaterez que les matins où il pleut quand vous partez au boulot ne sont pas si nombreux que cela. Le froid n’est pas non plus si contraignant : il suffit de bien se protéger, dans les pays nordiques, c’est une habitude. Il ne s’agit pas non plus d’être masochiste : le choix du vélo vous permet, les matins où il pleut des cordes, de prendre les transports en commun, voire votre voiture (même si la circulation urbaine est bien pire les jours de pluie, car vous ne serez pas le seul à choisir cette solution). En pratique, après quelques semaines d’utilisation du vélo, vous finirez par préférer prendre quelques gouttes que de vous coller à tous vos homologues mouillés dans le métro ! Il existe, de surcroît, des accessoires sympas qui vous permettent de garder les fesses au sec (voir photo, import direct d’Amsterdam). Enfin, certains vêtements sont particulièrement efficaces contre ces maudites intempéries, notamment les capes de pluie (on en trouve à une trentaine d’euros, vite rentabilisés !)

Le danger

Le deuxième argument, et certainement l’un des plus valables, c’est le danger représenté par les autres usagers. Lorsque vous circulez en voiture, le danger, c’est vous. Au pire, vous risquez, pour votre beau bolide, une aile froissée, un parechoc enfoncé, ou un vélo renversé, rien qui mette votre propre vie en danger. En vélo, le problème est tout autre : tous les usagers de la route sont des dangers mortels pour vous, principalement à cause des mauvaises habitudes françaises qui ne laissent que peu de place aux cyclistes : les piétons - quand ils patientent pour passer au vert - le font sur la piste cyclable ; les automobilistes ne vous voient pas, vous êtes parfaitement transparent pour eux ; les scooters sont le parfait exemple de la contre citoyenneté : quand ils ne circulent pas sur les pistes à vélo, ils ne vous entendent pas à cause du casque et du bruit. De toute façon, une bonne partie n’a même pas de plaque d’immatriculation, ce qui leur donne une impunité digne des plaques "Corps Diplomatique" ; même les autres cyclistes peuvent devenir un danger.

Pourtant, avec quelques précautions, vous pouvez éviter la majeure partie de ces risques : le casque n’est pas confortable mais reste une bonne protection en cas de choc (quoique certaines études vont à l’encontre de cette idée). Des lumières un peu partout vous permettent d’être mieux vu sur la route. Le respect de la signalisation routière, plus une attention particulière aux autres usagers de la route vous permet d’éviter les fous du volant qui s’imaginent gagner quelques minutes en passant au feu orange ou rouge (à Paris c’est un sport national). Les pistes cyclables, même si à Paris elles gagneraient à être grandement améliorées, vous séparent du reste des usagers puisqu’elles vous sont - en théorie - réservées. Ce n’est pas encore possible de laisser son enfant aller à l’école tout seul à vélo - nous n’en sommes pas encore au stade de cette ville allemande qui donne la priorité absolue aux vélos sur la voiture (je ne me souviens plus du nom de cette ville, si l’un de nos lecteurs veut bien laisser son nom sur le forum...) - mais reconnaissons que depuis quelques années, il y a du progrès (merci Bertrand).

La distance

Nous passons maintenant aux arguments plus fallacieux : la distance. Soit vous pouvez aller travailler à vélo, soit vous ne pouvez pas. Dans mon cas, je mets environ une demi-heure pour parvenir à mon lieu de travail, ce qui reste très raisonnable. En métro, je mettrais un peu plus longtemps (10 minutes de plus environ porte-à-porte). En voiture, c’est inimaginable... En roulant tranquillement, vous n’arriverez pas trempé de sueur et le soir, vous vous serez débarrassé d’une bonne partie de votre stress avant même de rentrer auprès de vos chères petites têtes blondes (ou brunes, rousses, chauves, crêpées, frisées, vous m’avez compris).

Les avantages procurés par votre employeur

Ils sont inexistants. En France, nous sommes très en retard par rapport aux pays du Nord en matière d’avantages procurés aux cyclistes : les employeurs sont tenus de vous rembourser la moitié de votre pass Navigo, mais aucune prime écologique ou citoyenne n’existe pour les gens qui se rendent à leur travail en vélo. Peut-être une piste de réflexion pour Nicolas Hulot lors des prochaines élections présidentielles en 2012 (sur laquelle Nicolas Sarkozy pourra venir s’asseoir comme il s’est assis sur la taxe carbone).

La pollution

Une des choses les plus inconfortables en vélo, et comme toujours, cela vient des autres, c’est la pollution que vous respirez à plein nez. Sachez tout de même que vous évitez une bonne partie des gaz d’échappement en choisissant soigneusement votre parcours et en roulant tranquillement. Quelques centaines de mètres de plus en longeant un canal interdit aux automobiles peut vous permettre d’économiser vos poumons. Pour votre satisfaction personnelle, sachez aussi que les automobilistes sont, à l’encontre des idées reçues, les plus exposés à la pollution qu’ils génèrent eux-mêmes, puisque l’air de leur habitacle est directement puisé dans la circulation urbaine (source : Institut national d’information en santé environnementale). A bon entendeur...

Le vol

La Vélo Militant !

Un des gros problèmes du vélo en ville, c’est simplement de parvenir... à garder son vélo. Il existe pourtant des solutions efficaces, quoique pas magiques. Un investissement judicieusement effectué peut vous permettre de conserver votre vélo plusieurs années. Un antivol de moto (un "U"), des antivols de roues avant et arrière, un antivol de selle, un marquage antivol pour interdire la revente du vélo, pour environ 100 euros tout compris, vous protégez votre vélo et donnez envie aux voleurs... d’aller voler un autre vélo que le vôtre ! Un peu individualiste comme solution, mais impossible de passer à côté. Pour ma part, j’ai réussi, pour l’instant, à ne pas me faire chourer mon vélo, et ce n’est pas grâce aux parkings à vélo parisiens, quasiment inexistants !!! Le mien a survécu deux heures accroché à une grille près des Halles, j’étais très fier !

Les avantages

Maintenant que nous avons mis de côté tous les problèmes qui peuvent se poser à l’utilisation d’une de ces merveilleuses machines, voyons ce qu’on peut en tirer comme plaisir...

Les économies

Le premier argument, c’est l’économie. Peu cher à l’achat, quasiment pas d’entretien, aucun coût ajouté au kilomètre, assurance quasi gratuite (même s’il vous en faut tout de même une), le vélo est plein d’arguments économiques imparables. Cet argument fait que vous pouvez même avoir un vélo en plus en votre mode de transport habituel. Cela vous permet d’essayer, et de vous laisser convaincre par ce mode transport historique et moderne à moindres frais. Les accessoires sont peu chers (panier avant pour une vingtaine d’euros, sacoches-sac à 2 euros etc. même si le marché français propose peu d’équipements innovants) et terriblement efficaces (cela me permet ainsi de faire mes courses à vélo ; je ramène l’équivalent de deux pleins sacs de type sacs écolos vendus dans les magasins, tout en ne les portant pas !). Difficile de faire mieux que le vélo au niveau efficacité énergétique (la marche coûte moins cher mais est terriblement moins efficace ; reste le vélo électrique, qui est peut-être une bonne solution mais qui pose la question du recyclage des batteries, lourdes et polluantes).

On arrive plus vite

Eh oui. Contre toute attente, et comme je le disais plus haut, on arrive plus vite en vélo qu’en transport en commun, tout du moins pour certains parcours, et à Paris selon ma propre expérience. Mais il n’y a aucune raison pour que cela ne fonctionne pas dans d’autres villes (je parle des villes "plates" ; pour les villes montagneuses, le vélo électrique est peut-être cette fois la bonne solution). Je gagne chaque jour 20 minutes aller et retour par rapport au même trajet en métro, qui me coûterait 2,20 €. Un vrai bonheur. Ma moitié a la même pratique, et a remplacé métro + bus (environ 45 minutes de transport) par 20 minutes de vélo plus les à-côtés (elle utilise le vélib moins confortable, plus lourd mais avec tout de même des arguments en sa faveur).

On fait du sport

Là, nous attaquons l’argument "mollets durs comme du bois" et "petites fesses rebondies" ; avouez qu’il y a matière à réflexion... N’étant pas un aficionados du sport, et me faisant régulièrement fustiger par mon médecin de famille pour cause de non pratique régulière de sport, je peux aujourd’hui lui renvoyer l’argument : 1 heure de vélo par jour, c’est suffisant ? Je suis ainsi passé du groupe "mou du genou" au groupe "dur à cuire"... Les copines apprécieront...

La B-A environnementale

Protections de selle contre la pluieAuprès de vos proches, collègues, amis, vous passerez pour le courageux du groupe. Tout du moins au début, quand tout le monde croit que cela ne durera qu’un temps. Auprès des détracteurs du cyclo, et utilisateurs invétérés de la bagnole, vous serez agaçant (et je ne parle pas des 4x4, moi je n’ai qu’une seule roue motrice et j’arrive avant eux). Et pour votre conscience écologique, vous êtes héroïque. Car c’est bien un geste citoyen de mettre de côté tous les inconvénients pour permettre à tous vos semblables d’améliorer la qualité de l’air en ville, et diminuer les nuisances sonores, de participer à une ville plus respectueuse envers les enfants, les asthmatiques, les personnes âgées et tous les gens qui habitent votre ville. Vous constaterez aussi qu’il existe une solidarité entre utilisateurs respectueux de la route ; des sourires s’échangent, les discussions s’engagent, surtout si vous avez plein d’autocollants sur votre vélo ! Personne ne peut vous reprocher d’utiliser votre vélo, et c’est un vrai bonheur ! Si tout le monde faisait comme vous, la ville serait bien plus belle.

L’indépendance

Quand vous utilisez votre vélo, vous êtes indépendant. Embouteillage ? Dépassés d’un coup de pédale ! Une grève de la RATP [1] ? Vous êtes le seul au bureau à ne pas devoir poser une journée de vacance ou de RTT pour rester chez vous. Bien sûr cela ne règle pas tous les problèmes : si vous prenez le train pour faire les 100 km qui vous séparent de votre lieu de travail, le vélo n’est pas la solution. Le problème, dans ce cas, se situe plus au niveau des politiques d’emploi et de logement actuelles, qui ne nous permettent pas d’habiter confortablement à côté de notre lieu de travail... A vélo, pas de panne, pas d’énervement (la plupart du temps, ça arrive quand même de dérailler), pas de temps perdu... Ce qui m’amène à l’argument ultime de l’utilisation du vélo en ville : le plaisir...

Le plaisir

On prend très vite le goût du vélo, même à Paris. La ville se traverse en 1 heure porte-à-porte, vous vous garez où vous voulez (on trouve toujours une grille bienveillante pour accueillir votre bolide)... Le plaisir de la circulation à vélo vient très vite, et comme je le disais plus haut, une fois l’habitude prise, il devient difficile de circuler autrement : moi je continue de prendre, de temps à autre, ma voiture pour partir en vacances (la faute aux tarifs exorbitants pratiqués par la SNCF), mais que c’est dur ! Si je pouvais faire tous ces kilomètres à vélo, ça serait le bonheur ! Et une fois sur place, vive le vélo pour les courses, les balades et les visites aux copains !

En conclusion

La Révolution... en vélo !

C’est vrai que la route française n’est pas étudiée pour permettre aux vélos de circuler librement. Des efforts sont effectués, il faut le reconnaître, mais la voiture conserve la priorité absolue du fait du danger qu’elle représente : c’est à vous , cycliste, de faire attention aux voitures, puisque celles-ci ne le font pas et sont terriblement dangereuses pour vous. De plus, pas de garages à vélos réservés et surveillés sur les lieux de travail (même dans la fonction publique : écoles, musées, administrations se devraient aujourd’hui de montrer l’exemple). Il manque aussi le soutien de l’employeur pour les gens qui ne prennent pas leur voiture ou les transports en commun. La Police ne fait pas non plus preuve ne bonne volonté (à Paris tout du moins) : je n’ai pas encore vu un scooter se faire verbaliser parce qu’il roulait sur une piste cyclable, ni une voiture se prendre un PV de 30 € parce qu’elle était garée sur une de ces pistes. C’est même parfois terriblement agaçant, Paris étant la ville du flic, de voir certains jours de manif toute une tripotée d’hommes en bleus qui ne bougent pas le petit doigt, ne serait-ce que pour faire une remarque à tous ces utilisateurs inciviques de la route. Je ne suis pas partisan de l’amende systématique, mais un peu de pédagogie ne ferait tout de même pas de mal.

Pour conclure, et pour convaincre ceux qui se posent encore la question, sachez que plus une ville comprend de vélos, moins d’accidents il y a (en proportion, consultez l’étude originale) ; après avoir goûté les joies du vélo à Amsterdam, même sous la pluie, j’en viens à faire un rêve : c’est qu’un jour nous quittions le moyen-âge de la bagnole pour parvenir, enfin, à une ville dédiée aux piétons et aux vélos, la ville du futur ! Rouler à vélo en ville, c’est militer tout en se faisant du bien et en faisant du bien aux autres ! A vous de jouer !

A voir en ligne :

- Vidéo d’une heure sur l’histoire du vélo et sur le vélib plus particulièrement sur le site des Arts et Métiers (dans le cadre des Conférences Qu’en savez-vous vraiment ?)
- Une ville allemande donne la priorité aux cyclistes, et s’organise autour de l’utilisation du vélo en ville. Le reportage est passé dans "Émission de solutions" sur France 2 le 29 mars 2010 mais je ne me souviens plus du nom de la ville. Si un de nos lecteurs s’en souvient...
- Les statistiques sur l’utilisation du vélo en ville
- Pollution des voitures : les conducteurs plus exposés que les piétons
- Les rapports coûts/efficacité des différents moyens de transport
- Pour protéger son vélo contre le vol (un test d’efficacité des antivols est disponible en PDF sur ce site).

La prochaine "vélorution" parisienne aura lieu, du 1er au 4 juillet 2010. Plus d’informations par ici.


Notes

[1] Attention : je ne fustige pas la RATP, nous soutenons toujours les grèves à la REC


Partager

4 Messages de forum

  • J’ai également un vélo acheté un vélo électrique chez Buzibi sur le net (buzibi.fr) et je ne peux plus m’en passer. Je l’utilise tout les jours, je le gare partout, personne ne l’abime (chanceux, je sais !) et le jour où il était crevé et où je n’ai pas eu le temps de le réparer, j’ai pris le métro... je me suis senti tout perdu sans mes pédales... c’est devenu un style de déplacement dont je ne pourrai me passer jusqu’à peut-être, la fin de l’utilisation de mes jambes !

    • Le vélo est bien, il n’y a pas à discuter la dessus, mais c’est le vélo dans Paris qui dérange, c’est dangereux, ça sent mauvais etc. S’il n’y avait pas ces contraintes, la voiture n’existerai plus.

      • prenons plutôt le problème à l’endroit : "si la voiture n’existait plus, il n’y aurais plus ces contraintes." "c’est la voiture dans paris qui dérange, c’est dangereux ça sent mauvais." bien à vous ! :-)

        • je me suis enfin décidé, j’ai acheté un vélo . Mon premier trajet était magnifique et sous le pluie, j’ai adoré. J’ai fait 20 bornes avec un réel plaisir de la capitale jusqu’à ma banlieue, qui m’a semblé beaucoup moins grise malgré le temps. Je profite des grandes vacances, beaucoup moins de circulation en région parisienne, un bon entraînement pour faire tous les jours 40 kilomètres A/R, cette année car j’abandonne voiture(déjà depuis 2ans), et aussi petit à petit les transports collectifs, où je fais pas de trajet à pied.