Tapped, ou pourquoi il ne faut pas boire de l'eau en bouteille - La Révolution en Charentaises

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Tapped, ou pourquoi il ne faut pas boire de l’eau en bouteille

dimanche 7 novembre 2010, par Hoopoe / 15151 visites

Un documentaire militant pour faire boire la tasse aux multinationales de l’eau.

Tapped montre les problèmes posées par l’eau en bouteille, dont la consommation s’accroît notamment aux États-Unis, mais aussi ailleurs dans le monde. Le documentaire ne parle que de la situation aux États-Unis, mais les conséquences sont les mêmes partout. L’eau en bouteille transforme un besoin universel en commodité marchande : les grandes multinationales (Nestlé, Coca Cola et Pepsi) s’enrichissent, sans se préoccuper de la protection des nappes phréatiques ou du recyclage des déchets.

L’eau en bouteille a un très fort impact sur l’environnement du fait de son transport par voie routière (brièvement évoqué dans le film à travers les va-et-vient des camions-citernes) et de la quantité de déchets plastiques qu’elle génère : 200 milliards de litres d’eau en bouteille ont été consommés en 2008 et seule une petite partie des déchets produits a été recyclée.

De plus, les producteurs se battent contre les lois imposant une consigne sur les bouteilles, alors même qu’elles ont démontré leur efficacité. En effet, avec une consigne de 5 centimes, 70 % des bouteilles reviennent en magasin, avec une consigne de 10 centimes par bouteille, 97 % des bouteilles sont retournées, alors que la moyenne nationale est de 20 % (un chiffre qui inclut les 11 états dans lesquels il y a une loi sur les consignes). Résultat : l’océan devient une soupe de plastique. Les échantillons pris au milieu de l’océan sont terrifiants.

Les producteurs d’eau en bouteille ne veulent pas spécifier d’où vient l’eau. Et pour cause, c’est souvent la même que celle qu’on peut boire du robinet ! Elle est simplement filtrée, ce qu’on peut faire soi-même à la maison.

Les multinationales refusent également de spécifier la composition chimique des bouteilles elles-mêmes. L’image véhiculée par les marques d’eau en bouteille (pureté, santé, nature intacte) est contredite par la fumée sortant des usines pétrolières produisant le plastique dans lequel baigne cette eau précieuse. Le consommateur boit des résidus de plastique, des phtalates et du Bisphenol-A, autant de produits ayant des conséquences néfastes sur la santé... ce que l’industrie chimique et pétrolière, tout comme les producteurs de boissons en bouteilles plastiques, nient en bloc. L’État et les institutions qui devraient contrôler la qualité de l’eau sont impuissants face à des multinationales habituées à utiliser les lois à leur avantage.

Le documentaire donne la parole aux habitants des villes où sont produites les bouteilles. Ils souffrent des conséquences de l’exposition au Benzene, un solvant cancérigène utilisé pour fabriquer le plastique. Par exemple, dans la ville industrielle de Corpus Christie, les anomalies à la naissance sont 84% plus élevées que dans le reste de l’État et les adultes meurent de cancers et d’autres maladies.

Heureusement, Tapped montre beaucoup de gens qui se battent contre le pillage de l’eau par les multinationales et développent (avec quelques succès) des stratégies de résistance.

Tapped réussit à poser de façon très claire les problèmes liés à la vente d’eau en bouteilles et incite à agir. Une façon très concrète de passer à l’action consiste par exemple à acheter une bouteille réutilisable (en acier inoxydable par exemple) si on veut vraiment pouvoir emmener de l’eau avec soi. Pour poursuivre la réflexion sur le thème de l’eau potable, n’hésitez pas à lire également notre article sur le documentaire Blue Gold.

SOECHTIG, Stephanie & LINDSEY, Jason, Tapped, 2009.


Voir en ligne : Site du film


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