Blue Gold : World Water Wars - La Révolution en Charentaises

Blue Gold : World Water Wars

dimanche 7 novembre 2010, par Hoopoe / 13676 visites

La guerre pour votre eau est sur le point de commencer.

Blue Gold est basé sur le livre L’or bleu : L’eau, le grand enjeu du XXIe siècle. Le documentaire nous amène à placer la problématique de l’eau potable dans un contexte plus large que Tapped (voir notre article Tapped, ou pourquoi il ne faut pas boire de l’eau en bouteille ?) : qui possède notre eau potable ? Pourquoi est-elle de plus en plus polluée ? que se passera-t-il quand il n’y en aura plus assez pour tout le monde ?

Il n’y a pas que les producteurs d’eau en bouteille qui voient l’eau comme une façon de s’enrichir. La France a été l’une des premières à privatiser l’eau, pour le plus grand profit des entreprises comme Véolia (anciennement Vivendi) ou Suez, qui contrôlent 70 % de l’eau potable dans l’Hexagone. Ces multinationales ont acheté l’eau dans d’autres pays, avec des conséquences parfois désastreuses pour la population, surtout dans les pays sous-développés. La Banque Mondiale a joué un rôle important en obligeant ceux-ci à ouvrir leurs marchés et à mettre en vente leurs ressources naturelles.

Il y a des lacs et des rivières qui sont en vente, l’eau est pompée puis exportée, brisant ainsi la chaîne naturelle du recyclage de l’eau et menaçant de désertification une part croissante de la planète.

Chaque fois que l’eau est privatisée, les prix montent, mais ni la qualité de l’eau, ni les services ne s’améliorent. Blue Gold donne l’exemple d’un pays africain où la compagnie d’exploitation de l’eau fait payer la population pour ouvrir le robinet : le compteur se met alors en marche, mais souvent, il n’y a pas d’eau qui sort, juste de l’air ! Alors les gens boivent l’eau contaminée (s’exposant ainsi au choléra, etc.) parce qu’ils ne peuvent pas payer l’eau. Pour mémoire, 2 millions d’enfants meurent chaque année de maladies liées aux eaux sales.

Le documentaire montre que la problématique est complexe (exportation de l’eau, barrages, agriculture intensive, croissance des villes et de leurs besoins en eau) et en même temps, d’une simplicité déconcertante : la recherche des profits et les politiques à courts-termes ont causé la plupart des problèmes et empêchent de trouver les solutions. La corruption s’ajoute à la longue liste des difficultés à surmonter.

Le documentaire termine avec un chapitre intitulé "que pouvons nous faire ?". Ça fait du bien après tant de mauvaises nouvelles ! La Bolivie est un exemple qui donne de l’espoir. La population de ce pays pauvre s’est en effet insurgée contre la privatisation de l’eau et a gagné la bataille. L’Uruguay a voté une loi interdisant la privatisation de l’eau. D’autres villes et régions ont aussi saisi l’importance des dangers et on pris des mesures contre la cupidité sans limite des multinationales. Sur la défensive, ces dernières cherchent à intimider les activistes qui s’attaquent à elles.

Il faut se battre pour que l’eau potable soit considérée comme un droit, et non pas comme un produit marchand. Il faut aussi investir dans la qualité de l’eau et les façons de la sauvegarder pour le futur. Blue Gold donne quelques idées pratiques intéressantes pour aller dans ce sens.

BOZZO, Sam, Blue Gold : World Water Wars, 2008

BARLOW, Maude, CLARKE, Tony, L’or bleu : L’eau, le grand enjeu du XXIe siècle, 2007


Voir en ligne : Site du film


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