Wolfgang Master découvre la mort des 35 heures - La Révolution en Charentaises

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Wolfgang Master découvre la mort des 35 heures

jeudi 7 juillet 2005, par Onno Maxada / 7911 visites

Où Wolgang master se retrouve devant un panneau d’informations syndicales...

Aujourd’hui, Wolfgang Master n’a pas le moral. Il se sent comme une merde écrasée sur l’autoroute du soleil. Dépité, il contemple le panneau d’affichage du CE sur lequel s’étale en petits caractères sombres le tout nouvel accord sur le temps de travail. C’est la troisième fois qu’il parcourt le texte et il n’est toujours pas sûr d’avoir complètement démêlé ce galimatias juridico - administratif.

Au fond, peu importe. Il sait d’instinct ce qui se cache derrière cette prose pleine d’angles droits et de crocs-en-langue : des semaines de travail plus extensibles que son salaire. Finies les séances de ciné et de piscine à 17H30. Terminés les vendredi après-midi à soi. Aux oubliettes les RTT à passer en amoureux ou en famille. Il va devoir donner plus de temps à l’entreprise sans rien espérer en retour qu’un coup de pied au cul accompagné (dans le meilleur des cas) d’un pot de départ pathétique lorsqu’il ne sera plus jugé suffisamment productif.

Wolfgang fronce les sourcils et esquisse un sourire amer. Par un de ces zigzags de l’esprit dont l’humour noir a le secret, il se prend à chercher derrière le panneau d’affichage des rubans aux couleurs du MEDEF ou une petite carte du genre « Avec les compliments d’Ernest - Antoine, Baron de Seillière ».

Tout bien réfléchi, ce petit jeu ne le fait pas rire du tout. D’ailleurs, on lui fait signe que la pause syndicale est terminée et qu’il est l’heure de retourner bosser. Wolfgang serre les dents pour contenir une gerbe d’insultes muettes et tourne lentement les talons. Il se jure que la prochaine fois, aux législatives comme aux élections syndicales, il n’oubliera pas d’aller voter.


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