Wikileaks - La Révolution en Charentaises

Wikileaks

vendredi 28 janvier 2011, par Onno Maxada / 11898 visites

Le site d’informations qui donne des sueurs froides aux dirigeants.

Quand j’étais petit, j’imaginais les historiens avec des chapeaux d’Indiana Jones en train de percer les mystères du passé pour en faire un grand récit dans lequel j’aurai ma place en tant que cosmonaute, clown ou Président. A la fois aventuriers et conteurs, les historiens étaient aussi d’excellents dessinateurs soucieux de partager leur savoir avec les enfants par le biais de dessins animés comme Il était une fois l’Homme ou encore de bande-dessinées que je lisais chaque mois dans Pif Gadget.

D’une manière générale, les historiens se sont montrés bien moins bons dessinateurs que prévu et le métier de Président plus loufoque que celui de clown. Ceci dit, dans mes rêves d’enfant, tout n’était pas faux : l’historien est bien celui qui, au terme de délais plus ou moins longs, finit par accéder aux documents top secrets qu’il va devoir mettre en relation pour leur donner une cohérence d’ensemble. Dans l’imaginaire collectif, l’accès à ces matériaux est son domaine réservé, après avoir été celui du Prince.

Du moins, c’était le cas jusqu’à la création de Wikileaks. En mettant en ligne des milliers de documents confidentiels sur les guerres d’Irak et d’Afghanistan (dont la désormais célèbre vidéo montrant l’assassinat de 10 civils irakiens et de deux journalistes de Reuters) ou encore les câbles transmis par les ambassades américaines, Wikileaks donne à chacun la possibilité d’aller mettre son nez dans les coulisses du pouvoir. A la différence de l’historien ou de l’archéologue, quand Wikileaks exhume des cadavres, l’assassin a encore le doigt sur la gâchette.

Avec Wikileaks, on flotte entre l’espionnage et le journalisme d’investigation sans qu’on soit vraiment dans l’une ou l’autre de ces deux catégories. Au final peu importe. Ce qui compte, c’est que le site donne à chacun la possibilité de mieux comprendre le véritable jeu joué par les gouvernements et donc de se protéger contre leurs campagnes de propagande. En d’autres termes, Wikileaks est un formidable outil d’autodéfense intellectuelle.

A en juger par la chasse à l’homme visant Julian Assange et les diverses mesures cherchant à étrangler financièrement le site, on se doute que Wikileaks donne des sueurs froides à nos chers dirigeants et aux banques. Mieux l’opinion publique est informée, plus il est difficile de la manipuler et plus elle est susceptible de demander à ses élites de rendre des comptes.

Bref, si vous n’avez pas encore pris le temps de jeter un œil sur Wikileaks, faites le tout de suite et profitez en pour télécharger l’ensemble du contenu du site. Il vous suffit d’un clic. Vous pouvez aussi décider d’attendre jusqu’en 2050 pour que les historiens vous parlent du monde d’aujourd’hui mais il sera peut-être un peu tard pour agir.

Question à nos lecteurs : il existe un peu partout sur le web des articles de wikileaks traduits en français mais ils sont tous dispersés. Y aurait-il une association tentée par la tâche (titanesque) de traduire l’ensemble du contenu pour qu’il devienne accessible au citoyen lambda ne parlant pas bien anglais ?


Voir en ligne : Wikileaks


Partager