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Refuser le wrapping, nouveau commerce de la peur et de la saleté !

lundi 18 avril 2011, par Anatole Ibsen / 28627 visites

Le wrapping débarque dans les aéroports français. Derrière ce mot se cache un procédé consistant à emballer vos valises dans du papier cellophane. Dans quel but ? Vous faire peur. Mais pourquoi donc ? Simplement pour vous faire mettre (encore) la main au portefeuille...

Difficile de dire dans quel pays est apparue la wrapping machine. D’aucuns l’aperçurent pour la première fois au début des années 2000, à Hong Kong. Nous la vîmes, pour notre part, à la fin dernier millénaire, dans les aéroports de Johannesburg et de Durban, en Afrique du Sud. La wrapping machine est d’une simplicité désarmante, puisque simplement consituée d’une base pivotante et d’un support de rouleau cellophane. La valise est posée sur la base et emballée dans quelques mètres de cellophane, ce qui constitue déjà, en soi, une aberration écologique. La manipulation dure moins de dix secondes mais vous coûte la coquette somme de 50 rands (5 euros) : voilà une rémunération plus que convenable ! Mais pourquoi cette machine est-elle apparue dans les aéroports sud-africains ? Pour éviter les vols à répétitions, qui étaient devenus un sport national dans les entrailles de l’aéroport : lorsqu’à l’arrivée vous récupériez votre valise sur le tapis roulant, il manquait souvent quantité de choses à l’intérieur.

Il est révélateur que le wrapping se soit étendu dans un pays où de nombreux observateurs s’accordent pour dire qu’une bonne part de l’économie fonctionne sur la psychose et la peur (vigiles, alarmes, maisons vendues obligatoirement avec un pack-sécurité comprenant des caméras et l’intervention d’une milice privée en cas de soucis, armes, matériel anti-agression, etc.). Dans de nombreux pays, les problèmes de vols auraient été réglés en interne, des caméras auraient été mises dans les antichambres de l’aéroport. Culturellement et économiquement, l’Afrique du sud a préféré faire payer les voyageurs. C’est tellement plus rentable... Dans ce pays, le wrapping, c’est la peur, et la peur, c’est vos dollars.

Le plus grave est que le wrapping débarque dans des territoires où le danger de vol n’existe pas. Ainsi, le Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport de l’Île Maurice, grand comme deux hangars, extrêmement surveillé et à ce titre sans doute l’un des plus sûrs au monde, a vu débarquer le wrapping il y a peu. Cet aéroport a pourtant la particularité d’être vitré presque intégralement, au point qu’un passager, s’il le souhaitait, pourrait presque suivre sa valise en temps réel entre le tapis roulant et le tarmac (et inversement). En un mot, s’il y a bien un endroit où le wrapping semble inutile, c’est bien à Maurice. Les communiquants du wrapping ont cependant pensé à tout : depuis peu, face aux vols improbables, ils vantent les qualités du procédé, arguant qu’il est un bon moyen de protéger vos bagages des taches et des rayures. Mais, si vos bagages craignent vraiment la saleté, est-ce vraiment à vous de payer pour qu’on en prenne soin ? Les taxes d’aéroport ne sont-elles pas déjà là pour ça ? Au départ comme à l’arrivée, le wrapping veut inonder le monde entier...

Mais qu’en est-il du wrapping dans l’Hexagone ? Il y a visiblement de l’argent à se faire car le wrapping a fait récemment son apparition dans les aéroports parisiens. A votre avis, combien vous en coûte-t-il pour emballer un bagage ? Pas moins de six euros. Oui, six euros les trois mètres de cellophane : à ce prix-là, on pourrait exiger un emballage en cachemire !

Les aéroports français étant des endroits sur-protégés, sous haute-surveillance, leurs employés ne doivent pas avoir le loisir de fouiller dans vos affaires. Alors, plutôt que de vous prémunir contre un danger inexistant ou rarissime, en cas de problèmes, faites jouer plutôt vos droits de consommateur. Quand votre valise a reçu un coup, ou qu’elle a été ouverte, ou qu’elle est noire de suie, allez au service bagage, et gueulez un bon coup. Vous verrez, nous avons testé pour vous, ces gens n’aiment pas les scandales, et vous obtenez très vite satisfaction, les compagnies aériennes et leur service bagages disposant d’assurances honorables en la matière.

En un mot, plutôt que d’engraisser ces commerces qui jouent sur la psychose, la peur, ou la saleté des aéroports, ne mettez pas de camisole à votre valise, elle respirera un peu et vous dira merci à l’arrivée.


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1 Message

  • et la peur que l’on vous mette qqc dedans ds des aéroport comme la malaisie.... j’ai trop vu midnight express ; les 5 euros en valent la peine et puis quel bonheur de garder sa valise en un peu meilleur état plus longtemps ; si c’est vuitton les 5 euros en valent tjs la peine ;^même pour samsonite ou delsey d’ailleurs