Chanter Brassens à tue-tête ! - La Révolution en Charentaises

Chanter Brassens à tue-tête !

mercredi 15 juin 2011, par Marvin Flynn / 18665 visites

30 ans après sa mort, les chansons de Brassens fâchent toujours...

Ce matin, un frisson me parcourt l’échine en lisant l’aventure de ce jeune homme [1] un peu éméché qui a chanté trop fort la chanson de Brassens commençant par "Au marché de Brive-la-Gaillarde..." quand 3 policiers passaient en bas de chez lui. Glip... Moi aussi, je chante Brassens à tue-tête, et moi aussi, l’été, j’ai chaud dans mon petit appartement super mal isolé. Dois-je maintenant fermer les fenêtres quand je chante à tue-tête "Hécatombe" de Brassens, "Les Anarchistes" de Ferré ou bien "Où c’est qu’j’ai mis mon flingue ?" de Renaud ?

Car on ne peut pas chanter ce que l’on veut de sa fenêtre : c’est étrange, mais c’est un fait. Cela fait pourtant longtemps que les chansons de Brassens ne sont plus censurées, mais elles font toujours autant de ravages, signe évident de la clairvoyance un peu provocatrice de celui qui les a écrites. Brassens aurait peut-être souri de voir "ces braves pandores" houspillés de la sorte ! Pour autant, peut-on laisser n’importe qui chanter n’importe quoi de sa fenêtre ? La justice a estimé que non. En tout cas, pas Brassens.

Car quand on y regarde de plus près, le jeune homme de 27 ans incriminé dans cette histoire a bien reconnu avoir chanté la chanson, mais pas à destination des policiers, ce qui change tout (à mes yeux, pas à ceux de la justice) : doit-on en permanence, sous prétexte de ne froisser personne, vérifier que les chansons que l’on écoute ne concernent aucun voisin permanent ou de passage ? Si vous êtes un fervent admirateur de Brassens, il faut donc aussi vous méfier des juges, des nonnes et des curés qui pourraient s’offusquer d’entendre les chansons du moustachu. En revanche, si vous êtes un fan de rap anglais, gageons que vous ne craindrez pas grand-chose à beugler des propos sexistes ou racistes à pleins poumons depuis votre fenêtre [2].

O tempora O mores...


Notes

[1] source : Ouest-France

[2] NDLA : à cause de l’anglais non maîtrisé, bien sûr...


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