Chanter Brassens à Toulouse (et ailleurs...) - La Révolution en Charentaises

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Chanter Brassens à Toulouse (et ailleurs...)

dimanche 26 juin 2011, par Marvin Flynn / 18306 visites

Les autorités craindraient-elles une révolution "en chantant" ?

Pour ceux qui n’auraient pas suivi le début de cette affaire, tout commence avec l’arrestation et la condamnation de ce jeune homme de 27 ans, qui a eu le tort de chanter Brassens un peu trop fort...

L’histoire ne s’arrête pas là, puisqu’en guise de protestation, plusieurs chorales se sont fait écho de cette condamnation pour le moins inhabituelle au pays des Droits de l’Homme. La Lutte Enchantée, et quelques oiseaux de passages, sont venus soutenir, le 16 juin dernier face au commissariat de police de Noailles (Canebières), les choristes de La Canaille du Midi interpellés, eux, le 9 juin 2011, pour avoir interprété les chansons de Brassens devant un commissariat toulousain cette fois, dans la joie et la bonne humeur, comme c’est toujours le cas avec les chansons de Brassens. Une trentaine de choristes pour une trentaine de flics en uniforme, le combat était perdu d’avance : ils se sont donc retrouvés au poste, illico presto. Nous nous tiendrons bien sûr informés des éventuelles conséquences de ces arrestations. Voici la réponse des choristes de La Canaille du Midi à cette réaction - prévisible sinon attendue - des forces de l’ordre :

L’hommage à Brassens se termine au violon

« A l’heure où on commémore le poète dans les salons parisiens, 32 personnes arrêtées à Toulouse après un tour de chant.

Rappel des faits : "Dans la nuit du 24 juillet 2009, un Breton avait chanté Hécatombe, de Brassens. Et ce, depuis la fenêtre d’un appartement de Cherbourg. Le public ? Trois policiers qui n’ont pas apprécié. Jugé vendredi 27 mai 2011, devant le tribunal correctionnel de Rennes, il a été condamné à un travail d’intérêt général de 40 heures, et devra aussi verser 100 € à deux policiers." (Ouest France)

Les travaux forcés pour chanter une chanson en voilà des façons !

Il paraît qu’à plus de quatre, on est une bande de cons. Nous étions donc une quarantaine à pousser la chansonnette, ce mercredi 8 juin. Une joyeuse protestation dans les rues toulousaines du tribunal au commissariat central. Hécatombe.

32 personnes interpelléEs, pourtant on chantait juste : mais les pandores ne l’ont pas entendu de cette oreille. Nous sommes convoquéEs, entre le 9 et le 17 juin au même endroit pour être écoutés, en solo cette fois.

Or sous tous les cieux sans vergogne c’est un usage bien établi, dès qu’il s’agit d’railler les cognes tout le monde se réconcilie… Chantons où bon nous semble, dans les lieux publics, devant les commissariats, les mairies, les tribunaux, dans les transports en commun, sur nos balcons. Et gare aux gorilles !!

Premiers signataires :

Association des usagés du commissariat central ; Chorale Le Cœur à Georges ; Groupe George es-tu là ? ; Fraction Georges profonde ; Mémoire du Capitaine Acab ; Commandant Georges ; La fine fleur de la populace... »

Une bonne humeur contestataire serait-elle en train de se répandre partout en France ? Les Français, las de devoir se justifier en permanence sur des peccadilles indignes même de figurer dans la rubrique "chiens écrasés" du Figaro, étouffés par des lois sécuritaires, se feraient en sus interdire la possibilité de chanter leur désarroi et leur mécontentement dans la rue, même avec toute la poésie dont sont capables les chansons de Brassens ? Bien sûr, ses vers sont coupants et blessent souvent ; mais ne sont-ils pas aussi l’expression d’une conscience populaire qui s’éveille, et que l’on ne devrait peut-être pas, aussi ostensiblement, ignorer ?

Photographie de Brassens en page d’accueil disponible sous licence Creative Commons (CC0 1.0 Universal Public Domain Dedication).



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