Wolfgang Master s'offre un petit plaisir dans les toilettes du bureau - La Révolution en Charentaises

Accueil du site > Le coin des avant-gardes > Wolfgang Master > Wolfgang Master s’offre un petit plaisir dans les (...)

Wolfgang Master s’offre un petit plaisir dans les toilettes du bureau

lundi 17 septembre 2012, par Onno Maxada / 14169 visites

Ce jour-là, Wolfgang Master avait à peu près autant la banane qu’un soir de débâcle électorale. D’humeur maussade, il avait avalé son petit déjeuner sans appétit et s’était rendu au bureau avec l’entrain des zombis de Jean Rollin dans Les Raisins de la Mort.

S’attendant à voir s’afficher « JOURNEE DE MERDE ! » sur fond rouge dans son agenda, il découvrit à son arrivée un planning des plus banals et des collègues trop occupés à remplir leurs boîtes méls respectives pour venir lui taper sur le système. Pourtant, Wolfgang en était certain, cette journée ne réservait rien de bon. Il avait du flair pour ces choses là.

Ce n’est qu’après le déjeuner que Wolfgang prit conscience de la cause de sa morosité. En un éclair, il arrêta sur le fil un vent dévastateur qui aurait pu lui coûté sa carrière, puis il traversa avec une extrême précaution l’interminable open space qui le séparait des toilettes. Le ventre gonflé, parcouru de crampes, il eut tout juste le temps de baisser son pantalon avant de déclencher la Troisième Guerre Mondiale dans la cuvette des chiottes de l’entreprise.

Au bout de quelques minutes qui lui parurent des heures, Wolfgang émergea victorieux de l’épreuve, bien que totalement vidé. Rassemblant les forces qui lui restait, il effaça autant que possible les traces du champs de bataille et referma rapidement la porte derrière lui. Pour le moment, la pestilence était encore confinée dans quelques mètres cubes d’air saturé de méthane mais une odeur abjecte se répandrait bientôt dans toute la pièce et la transformerait en no man’s land pour toute l’après-midi.

Wolfgang décida qu’il était grand temps de quitter les lieux, d’autant que l’autre toilette était utilisée et que son occupant (sans nulle doute abasourdi par la magnitude des détonations), pouvait en sortir d’un instant à l’autre. Quelques secondes plus tard, alors que Wolfgang se lavait les mains, un nouvel arrivant fit son entrée dans la pièce. Avec toute la raideur qui le caractérise, le directeur général se dirigea prestement vers la toilette non occupée et s’y engouffra sans un mot. Wolfgang entendit le verrou se tourner, le claquement sourd d’une paire de fesses s’affalant sur la lunette des W.C. … puis une quinte de toux sonore suivi d’un bruit de gorge annonciateur d’une asphyxie imminente.

Wolfgang Master imagina les yeux humides de son directeur et ses réticences à quitter les toilettes ventre à terre, fierté oblige. Dans le miroir, Wolfgang vit son propre visage s’illuminer d’un grand sourire. Il sécha tranquillement ses mains et regagna son bureau. Finalement, la journée s’annonçait bien meilleure que prévu.

Les Raisins de la Mort, ROLLIN, Jean, 1978. Un film érotico-gore avec Brigitte Lahaye, à réserver aux fans du genre...



Partager