Brexit. Plus dur serait lâche... - La Révolution en Charentaises

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Brexit. Plus dur serait lâche...

lundi 27 juin 2016, par Marvin Flynn / 727 visites

…chut ! Réaction à chaud sur ce référendum désolant. Et pendant ce temps, les bandits courent toujours...

Comment en est-on arrivés là ? Qu’espéraient donc ceux qui ont voté pour la sortie de l’Europe de leur pays ? Une amélioration de la situation économique du pays, voire de la leur ? Moins de réglementation, de lois, de devoirs de solidarité ? Le savaient-ils seulement ? Même pas sûr...

Un bon référendum, et ça repart !

Déjà, l’idée du référendum, ça stinkait [1]… Le référendum est le coup tordu suprême en politique. Le fait même de solliciter le peuple sur une question d’une telle importance relève de la gageure, et ne peut amener de résultat éclairé, tant les possibilités de manipulation de l’opinion sont élevées...

Brexit

Une nouvelle fois, les grands principes de la démocratie s’expriment au détriment du peuple, qui regrette déjà d’avoir lui-même détourné son suffrage pour exprimer son mécontentement :

Overhead in pub : Old lady « I voted leave because I thought we’d stay. Now I regret it. » [2]

Dommage que cette dame n’ait pas trouvé d’autre moyen qu’un bulletin Leave pour râler...

Un Tommy, ça (se) trompe énormément...

Qu’elle se rassure néanmoins. Sortie de l’Angleterre ou non, tout cela ne débouchera que sur d’énièmes et âpres négociations avec l’Europe… devant prendre bien sûr des années.

Un tommy ça (se) trompe énormément

Qu’elle se rassure aussi, car dans un cas comme dans l’autre, cela ne changera rien pour elle. Ses ennuis, et les nôtres avec, ne seront pas terminés. La City ne perdra pas de sa superbe, et Jersey continuera d’accueillir le pognon que les gros, les mous, les gras (Tommies et Froggies pour le coup) lui confient et qui continueront, eux, de se goinfrer en toute impunité. Pour tout ce petit monde, être intégré ou non dans la communauté européenne ne changera rien. Les profits ne fléchissent jamais.

Capital, 1 ; Humanité, 0

Gageons donc qu’avec les bourses qui dégringolent et le bitcoin qui explose [3], certains ne manqueront pas de profiter de la chienlit pour se faire des nouilles encore…

Jusqu'ici tout va bien

Pourtant, si l’Europe s’était un peu plus préoccupée des libertés et des droits des Hommes, plutôt que de s’intéresser exclusivement au marché unique, nous n’en serions pas là. Si ces fameuses réglementations, qu’exècrent tant les britanniques, concernaient plutôt les personnes physiques, européens et européennes, que les personnes morales, sociétés et entreprises de l’Europe économique, nous serions peut-être moins enclins à les dénoncer à la première occasion. Si cette Europe qui s’était construite était celle des Hommes et des cultures, et pas celle de la finance sauvage, la question même de la rupture avec l’un de ses pays membres ne se serait pas posée. Car qui voudrait se séparer d’un système protecteur et respectueux de ses droits, en somme, d’un système bienveillant ?

Des problèmes (et leurs solutions) à inventer…

Après la sortie du Royaume-Uni – qui n’a plus d’uni que le nom – de l’espace économique européen…

Faut-t-il retirer une étoile aux drapeaux européens ?

Ça, c’est pas trop compliqué. Il suffit de colorer l’une des étoiles en bleu, et le tour est joué (heureusement que le drapeau n’est pas sur fond jaune, ça aurait été plus ennuyeux).

Drapeau de l'Europe des 11

On peut aussi tout de suite proposer la place libre à un autre pays, motivé pour nous rejoindre. L’Ukraine par exemple. Je suis sûr qu’on y gagne : vous avez déjà entendu parler des supporters ukrainiens, vous ? [4].

Faut-il reboucher le tunnel sous la manche ?

Puisque nous en sommes à nous poser les questions sous un angle exclusivement économique, ça se défend. Maintenant que français et anglais n’auront plus besoin d’aller faire les soldes à Londres pour les uns ni de venir se faire soigner en France pour les autres, plus besoin de chunnel, hop ! On rebouche. Ça créé tout de suite un maximum d’emplois des deux côtés de la Manche (même sans compter l’augmentation du trafic maritime), et on en profite pour récupérer les fûts de déchets abandonnés au fond de l’eau par l’industrie nucléaire française [5].

Par la suite, on pourra toujours re-déboucher si le Royaume-Uni se décide à rejoindre l’Europe à nouveau. Quand le niveau de la mer aura monté, par exemple.

Enfin, un numismate anglophile...

…cherche à revendre sa collection de pièce de 2 euros à l’effigie de la Reine d’Angleterre. Envoyez vos propositions à la Rédaction, qui fera suivre.

Queen Elizabeth 2 euros

Pour ma part, et malgré toutes ces turpitudes, j’espère bien...

« Que vos fill’s et vos fils vont, la main dans la main

Faire l’amour ensemble et l’Europ’ de demain » [6].

Sources illustrations
- Drapeau Europe des Onze (source) ;
- Brexit : kai Stachowiak (source) ;
- Jusqu’ici, tout va bien (Ah… le second degré typiquement britannique) ;
- illustration "Shadok" : Gratataku (source).

Sources d’inspiration
- Certains Britanniques ont voté « Leave » et le regrettent déjà ;
- Brexit, Notre-Dame-des-Landes : les bons référendums et les autres ;
- Brexit : s’il faut trouver une seule certitude... ;
- Ainsi que les Marianne et les Le Canard Enchaîné de juin 2016 !


Notes

[1] puait

[2] Traduction : « Entendu dans un pub : — Une vieille femme : J’ai voté pour quitter l’Europe parce que je pensais que nous allions y rester. Maintenant, je regrette. » source : twitter via slate.fr

[3] source

[4] bon, en fait oui ; il suffit de taper « supporters ukrainiens » dans google pour tomber sur tout un tas d’horreurs…

[5] source

[6] Brassens, Les deux oncles


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