La violence des riches – Chronique d’une immense casse sociale - La Révolution en Charentaises

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La violence des riches – Chronique d’une immense casse sociale

mardi 18 avril 2017, par Marvin Flynn / 286 visites

Alors que les concurrents à l’élection présidentielle de 2017 ne valent guère mieux que ceux de 2012, opérons, grâce à Michel Pinçon et à Monique Pinçon-Charlot, un petit retour arrière sur les dernières mandatures, et sur notre société en général, d’un point de vue différent de celui offert par les médias mainstream.

Entre les casseroles de ceux (et celles, ne soyons pas sexiste) briguant une première mandature à la tête de l’État, les viles manœuvres des anciens occupants de l’Élysée, et l’à-propos opportuniste du petit dernier de la famille, cela fait du bien, de temps en temps, de remettre les pendules à l’heure, et de se trouver une position tenable en toutes circonstances. À l’heure où le contenu des déclarations de patrimoine prime sur les programmes, « La Violence des Riches » de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot nous y aide.

Les auteurs ont longuement étudié les riches, sous toutes leurs coutures. Dans cet ouvrage plus particulièrement, on piochera nombre d’arguments utiles à opposer aux partisans – trop nombreux hélas – du néolibéralisme ’libérateur’. Le propos commence avec l’étude du rapport entre « Patrons spéculateurs et salariés jetables », en glisse ensuite vers « La délinquance des riches » de manière plus générale. Ils expliquent ainsi l’installation d’une « Oligarchie dans la France de François Hollande ».

Hollande, le président des riches ?

Car le livre est terriblement d’actualité. Il permettra, même aux plus indécis, de se forger une opinion quant à la mandature 2012-2017 du premier président « normal ». Car le néolibéralisme a corrompu depuis bien longtemps les rangs des socialistes, et ils assument aujourd’hui les conséquences de la priorité donnée à l’économie par leur mouvement depuis une trentaine d’année.

Encore et toujours la servitude volontaire...

Mais pourquoi le peuple se laisse-t-il embrigader par un système qui l’asservit au mieux, l’écrase et l’assassine au pire ? Parce que le plus souvent, « On préfère ne pas savoir ». Pendant ce temps, le matraquage autour de l’idéologie libérale continue, et la publicité achève le travail en libérant du temps de cerveau… Petit à petit s’est instaurée « La mécanique de la domination », qu’il faut combattre et refouler aujourd’hui, si nous voulons conserver notre dignité.

Rat des champs et rat des villes

Enfin, Monique et Michel abordent le thème de « La ville comme champ de bataille », et nous comprendrons pourquoi les pauvres s’excluent d’eux-mêmes des beaux quartiers de la ville. Mais tout n’est pas perdu ; la visites, organisée par les auteurs, de jeunes lycéens de Gennevilliers dans les beaux quartiers de la capitales (Champs-Élysées, avenues Montaigne et George V) est revigorante et suscite l’espoir : chacun peut donc se réapproprier cet espace duquel il a été exclu... L’analogie avec l’espace politique n’est décidément pas loin.

Étendons la lutte

Après avoir fait le tour du carcan imposé par les riches aux classes les plus populaires, nous aurons compris que le salut n’est pas dans le vote « utile », mais bien dans la sauvegarde de nos individualités et de nos convictions humanistes profondes.

Bien sûr, les interprétations que je donne sur ce livre n’engagent que moi, et pas les auteurs. La lecture de cet ouvrage m’a pourtant permis de comprendre que la dimension donnée aux élections présidentielles n’était pas celle de la réalité, bien plus longue, bien plus durable ; depuis que je vote, je n’ai jamais eu l’occasion d’élire un candidat avec lequel je me sentais vraiment en affinité. Peut-être aujourd’hui, la classe politique paie-t-elle toute entière le prix de cet abandon que ressentent les électeurs ; tant pis. Laissons-là boire le calice jusqu’à la lie, et remplaçons-la ensuite par autre chose qu’une « classe politique », qui ne représente aujourd’hui qu’elle même. Une sorte de « classe citoyenne »...

Quand les instances politiques dirigeantes seront réellement représentatives des classes sociales du pays, il sera possible de faire quelque-chose ; peut-être alors, « La violence des riches » diminuera-t-elle un peu.

Sinon, on trouvera d’autres solutions.


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