Être ou ne pas être… un bon consommateur - La Révolution en Charentaises

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Être ou ne pas être… un bon consommateur

vendredi 21 avril 2017, par Marvin Flynn / 214 visites

Assez de la croissance ! Stop aux discours lénifiants prônant la ‘reprise de la consommation’ comme sacro-sainte solution à tous nos problèmes . Moi, je consomme le moins possible, et vous savez quoi : j’adore ça !

Peut-être me direz-vous, devrais-je commencer par une bonne psychanalyse. Ça m’aiderait sûrement à revoir mon rapport à l’argent. Mais ne pas soutenir cette croissance que tout le monde guette au coin de l’année fait-il de moi, pour autant, un mauvais citoyen ?

Le flouze

Pacsé avec deux enfants, je travaille dans une grande administration publique. Ma compagne également. Nous ne roulons pas sur l’or, mais ne sommes pas non plus à plaindre. Middle class.

Je n’ai jamais souscrit de crédit. Je ne suis pas propriétaire. Je ne suis pas sûr d’en avoir envie.

J’ai un livret A, un livret à point sans intérêt(s) et un compte courant. Point. Ah si, oups ! (pour un peu et si j’étais présidentiable, je friserais la vindicte canardesque) : un porte-monnaie en cuir pour les dépenses communes. Mais comme le dernier distributeur du quartier a été supprimé et je conchie le sans contact, je me retrouve un peu Gros-Jean comme devant. Alors, je fais des chèques…

Les bécanes

Côté bagnole, je roule dans une voiture essence de 20 ans et 60 000 kilomètres au compteur. J’ai quand même réussi à choper la vignette orange, je peux donc polluer la capitale sans souci, même les jours de circulation ‘différenciée’.

En fait, je me déplace plutôt à vélo, alors la pollution, je la filtre avec mes poumons. Je répare mes vélos moi-même, ou je les confie à un petit réparateur sympa, que j’ai la chance d’avoir et que je soutiens comme ça. J’essaie de développer la culture ‘Deux-roues’ chez mes enfants, même si le petit dernier ne jure que par tout ce qui a un moteur (diantre !)

Mon vélo est comme moi : il a la quarantaine bien tassée. Un grand Peugeot mixte, peu subtilisable de par sa belle couleur mauve (je soupçonne les voleurs de vélo d’être principalement de sexe masculin) et les lourdes chaînes qui l’entravent. À coup sûr fabriqué en France, mais récupéré quarante ans plus tard dans une décharge par un ami français résident belge (non, ça n’est pas qui vous croyez). Il est venu remplacer mon précédent biclou, volé bardé d’antivols, mais trop beau. Merci l’ami !

Les transistors

J’ai changé de téléphone portable ; après cinq ans de bons et loyaux services, le précédent avait rendu l’âme. Le nouveau a coûté la moitié du précédent.

Trois ordinateurs à la maison : le fixe a cinq ans, son écran 10 [1], l’ordi portable de ma compagne cinq ans également. Deux coucous suisses. Enfin, un petit portable acheté en 2007 et rénové avec un SSD et un Linux aux p’tits oignons ; une vraie petite bombe (informatique). Autant pour les vendeurs qui recommandent de changer de machine ‘quand internet ralentit’.

L’entre-aide

Adage : Quand un vieux pote vous rend visite et dépanne votre ordi, n’oubliez pas qu’il vient de vous faire économiser 150 balles, voire l’achat d’une nouvelle machine, et payez-lui une bière (locale).

La boustifaille

Pour me sustenter, le marché. Pour l’inévitable, les supermarchés citadins. Jamais un pied (ni une roue) dans un temple de la consommation, paraîtrait-il moins dispendieux… Je paie plus mais j’achète moins. Et comme disait Lanvin dans ‘Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine’ : j’y vais à pied. 20 minutes aller-retour, courses comprises, imbattable.

Mes déchets sont triés et compostés.

Le cambriolage

300 euros de biens dérobés, et rien de cassé dans l’appart. Ça aurait pu être bien pire… Par contre, deux fenêtres dans le logement social parisien, ça coûte un intestin grêle sur le Darknet, environ 3000 euros. Lourd à digérer, le ratio vol/réparations de 1 pour 10. En revanche, la croissance, elle, se goinfre : assureur, réparateur, fabriquant ; tout le monde croque, l’agent circule… Qui a dit ‘cynique’ ?

Consophobe

Aujourd’hui, tout ce que je pourrai ne pas consommer, je ne le consommerai pas. Tout ce que je pourrai ne pas acheter, je ne l’achèterai pas. Je suis lassé des plaisirs ‘offerts’ par la société de consommation. Je n’achète que ce que je dois acheter, et tant pis (tant mieux, même) si ça n’aide pas mon pays. Nous, ça nous aide.

Du cambouis jusqu’aux coudes

Joint pour vieille cocotte de 40 ans acheté en ligne : 5 euros, et des carottes qui cuisent deux fois plus vite, ça c’est de l’investissement ! Un VTT à 30 euros sur le Bon coin pour ma fille ; le même nous attend en vacances, juste un peu plus rouillé. 10 euros en brocante… La vieille remorque de papy remise à neuf et repeinte… Avec un minimum de réparations, tout fonctionne sans problème et sans grand investissement. Tiens, PIB, prends ça.

Le piiiire ?

Je prends du plaisir, oui du *plaisir*, à faire fonctionner tous ces vieux crins-crins qui étaient destinés à la casse ou qu’on croyait perdus à jamais… Chez moi ou encore mieux, chez les autres. Avant d’acheter une nouvelle machine, faites fonctionner la précédente une dernière fois, vous pourriez être tenté de ne pas en acheter de nouvelle…

Appuyez-vous sur vos amis : il y aura toujours quelqu’un pour vous aider ou vous conseiller. Ou mieux, lancez-vous : il n’y a pas grand-chose qu’un être humain ne soit capable de comprendre. Et le savoir-faire n’est pas une richesse qu’on confisque facilement.

Aux candidats de la présidentielle 2017

Ne financez plus vos programmes avec la croissance. Soyez parcimonieux, économes, visez l’économie des biens, des énergies, des hommes et des femmes.

Occupez-vous des petites choses ; quand elles seront grandes, elles vous remercieront.

Notes

[1] Ah, mon petit Belinea 10 20 30W chéri… ; pour la petite histoire : nous avons attendu tellement longtemps avant de changer d’écran – ce que nous n’avons pas encore fait – qu’entre-temps, on nous en avait gentiment donné un plus grand…


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